ISSN 2269-5141

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Colloque : Héritages et survivances de Jacques Derrida

Pour le dixième anniversaire de la mort du philosophe

dimanche 26 octobre 2014, par Thibaut Gress

Du 6 au 8 novembre 2014
Fondation Calouste Gulbenkian et Maison de la Poésie, Paris

Jeudi 6 novembre : Centre Calouste Gulbenkian, 39 bd de la Tour-Maubourg, 75007 Paris

10h00 : Accueil par João Caraça (Fondation Calouste Gulbenkian)

10h15-10h30 : Ouverture du colloque
Marc Goldschmit, Sara Guindani-Riquier et Alexis Nuselovici (Nouss)

Président de séance : Michel Wieviorka (FMSH/EHESS)

10h30-12h00 : Alexis Nuselovici (Nouss) (Université d’Aix-Marseille/FMSH) : « Un schibboleth en héritage », Philippe Beck (Université de Nantes) : « Le hérisson ».
12h00-12h30 : Discussion

12h30-14h00 : Pause déjeuner

Présidente de séance : Elisabeth Rigal

14h00-15h30 : Rodolphe Gasché (University at Buffalo, USA) : « En a-t-on fini avec l’empire du jugement ? », Hent de Vries (Johns Hopkins University, USA) : « Un pragmatisme profond ».
15h30-16h00 : Discussion

16h00-16h15 : Pause café

16h15-18h30 : François Jullien (Collège d’études mondiales/Université Paris VII) : « La déconstruction comme désexclusion, ou comment sortir de la métaphysique ? », Michel Deguy (Université de Paris VIII) : « Le portrait de Jacques Derrida », Élisabeth de Fontenay (Université de Paris I) : « Jacques Derrida, Paul de Man : d’une part, d’autre part ».
18h30-19h15 : Discussion

Vendredi 7 novembre : Centre Calouste Gulbenkian, 39 bd de la Tour-Maubourg, 75007 Paris

10h00 : Accueil

Président de séance : Marc Goldschmit

10h15-11h00 : Giovanna Borradori (Vassar College, USA) : « Politiques du secret : WikiLeaks, Snowden et Derrida ».
11h00-11h15 : Discussion

11h15-11h30 : Pause café

11h30-12h15 : Geoffrey Bennington (Emory University, USA) : « Derrida et l’archive ».
12h15-12h30 : Discussion

12h30-13h00 : Lecture par Daniel Mesguich

13h00-14h30 : Pause Déjeuner

Président de séance : Alexis Nuselovici (Nouss)

14h30-16h : Isabelle Alfandary (Université de Paris III) : « Jacques Derrida : marges et parages de la psychanalyse », Marc Goldschmit (IHEP) : « De la lettre à la trace. La circoncision et le reste. (Lacan, Derrida) ».
16h-16h30 : Discussion

16h30-16h45 : Pause Café

16h45-18h15 : Jacques-Olivier Bégot (Université de Paris VII) : « Écrire sans voir », Sara Guindani-Riquier (FMSH Paris/Université de Paris VIII) : « Le voir, Jacques Derrida ».
18h15-18h45 : Discussion

19h00-20h00 : Projection d’un extrait du film inédit : « Pourquoi la guerre aujourd’hui », avec Jacques Derrida, Jean Baudrillard et René Major.

Samedi 8 novembre : Maison de la poésie, Passage Molière, 157 rue Saint Martin, 75003 Paris

9h00 : Accueil

Présidente de séance : Léa Veinstein

9h15-10h00 : René Major (IHEP) : « Le droit international en crise face aux pulsions de pouvoir et de souveraineté ».
10h00-10h15 : Discussion

10h15-10h30 : Pause café

10h30-12h00 : Élisabeth Rigal (CNRS) : « De l’histoire comme destinerrance », Danielle Cohen-Levinas (Université de Paris IV) : « Revenir à..., partir vers... : Husserl, Heidegger, Levinas et quelques autres... ».
12h00-12h30 : Discussion

12h30-13h00 : Lecture par Daniel Mesguich

13h00-14h30 : Pause Déjeuner

Présidente de séance : Sara Guindani-Riquier

14h30-16h45 : Michaela Fišerová (Univerzita Karlova, Prague) : « La sémantique de la signature à l’épreuve de la déconstruction », Alexander Garcia-Duttmann (Universität der Künste, Berlin) : « Mais je ne parle que de Ça. Derrida, la mort et l’aporie », Léa Veinstein (Université de Strasbourg) : « La langue, l’animal. Échos de Kafka dans l’œuvre de Derrida ».
16h45-17h30 : Discussion

17h30-18h00 : Pause Café

18h00-19h30 : Jean Maurel (Université de Paris I) : « À propos de la zoographie démocratique », Maurizio Ferraris (Università di Torino, Italie) : « Le toucher, l’animal, le réel ».
19h30-20h00 : Discussion

20h00 : Clôture du colloque

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Le colloque sera l’occasion d’une exposition inédite de 28 photographies de Jacques Derrida accompagnées de textes : « Derrida, vivant », en partenariat avec l’IMEC, où sont conservées les archives de Jacques Derrida, avec l’aimable autorisation de Marguerite Derrida et l’aide de François Bordes et Caroline Louvet. Une exposition de Michèle Katz, se tiendra en parallèle à la Fondation Calouste Gulbenkian, Paris.

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Argumentaire

Héritages et survivances de Jacques Derrida, pour dire ce qui arrive à sa pensée et à son œuvre, tout autant que ce qui en provient, et qui revient et reviendra. Dix ans après la mort du philosophe, les héritages de Jacques Derrida portent en eux plus d’un secret et plus d’un esprit. Leur réserve d’inconnu, au-delà de tout héritage comptable, doit être aujourd’hui réaffirmée, réinterprétée, maintenue en vie. Le désir testamentaire, inscrit dans le titre de notre colloque, au-delà d’un certain deuil mortifère, signifie qu’il n’y aura nul héritage sans l’invention d’un à-venir, et nul avenir ou survivance sans héritage incalculable et illégitime.

Quelques dates choisies parmi tant d’autres possibles (« La date, la cendre et le nom : c’était ou ce sera le même, qui ne se tient jamais au présent”, écrivait-il dans Schibboleth. Pour Paul Celan) : En 1967, Jacques Derrida marque la scène philosophique avec trois livres : La voix et le phénomène, De la grammatologie et L’écriture et la différence. Il élabore le concept d’une écriture générale, libérée de l’opposition de l’écriture restreinte à l’oralité, engageant ainsi un travail de clôture et de décentrement du structuralisme qui va permettre d’interroger l’épistémologie et le langage des sciences humaines et sociales.
 
En 1972, dans Marges de la philosophie, « la différance » consacre et condense l’écart avec la tradition métaphysique. Elle opère en-deçà de la différence ontologique de l’être et de l’étant et au-delà de la représentation. Ni donnée ni constructible, ni même positive ou objectivable, elle s’inscrit, comme l’inconscient, en s’effaçant, n’apparaît que par ses traces qui renvoient à d’autres traces, ouvrant la multiplicité de l’écriture par-delà le sens, la signification et le savoir.

En 1990, à l’occasion d’une exposition au Louvre, Jacques Derrida écrit Mémoires d’aveugle. L’autoportrait et autres ruines où il analyse l’autorité du regard, de la vue et de la lumière dans l’histoire de la philosophie. Dès lors que le trait ne se voit pas, le dessin dessine toujours la mémoire. Sont choisis pour cette exposition des autoportraits dans lesquels l’œil des dessinateurs est exposé à l’aveuglement comme expérience même de la vue.

En 1991, dans « Circonfessions », Derrida livre des bribes de son enfance à Alger, cherchant le secret inaccessible de sa circoncision. Il raconte son enfance, le plus intime de son corps, la mort de sa mère, portant à la limite l’idée de Nietzsche que les philosophies sont des biographies involontaires de leurs auteurs. Penser ainsi la vie, transformée en écriture, déstabilise la conception pour laquelle la vie n’existe qu’en dehors de l’œuvre, et l’œuvre en dehors de la vie.

Après les attentats du 11 septembre 2001 à New York, Derrida entreprend de repenser les fondements de la démocratie et de la souveraineté en se demandant comment les événements doivent contraindre la philosophie et le langage de la politique à se transformer. Correspondant à l’exigence la plus haute de justice, la démocratie n’est pas un régime politique parmi d’autres mais ce qui manque à la politique, son avenir impossible et nécessaire. 
 
Dix ans après la mort de Jacques Derrida en octobre 2004, notre colloque s’efforcera d’éclairer, par une pluralité de perspectives, la manière dont la donne philosophique a été transformée par cette pensée plus que jamais féconde, singulière, et porteuse d’avenir. Quels sont, aujourd’hui et au-delà, les héritages et les survivances de la pensée de Jacques Derrida ? Comment penser et recevoir ces héritages, être hanté par ses survivances, au-delà de tout dévoilement et de toute création, comme des événements qui restent à traduire et à réinventer ?

Responsables scientifiques :
Marc Goldschmit, Sara Guindani-Riquier et Alexis Nuselovici (Nouss)

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