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Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau : Blanchot l’obscur ou La déraison littéraire

dimanche 21 juin 2015, par Henri de Monvallier, Nicolas Rousseau

« Le besoin littéraire est peu répandu, le besoin d’éprouver un besoin littéraire l’est beaucoup. Il faut donc fournir un substitut de besoin littéraire à ceux qui n’en éprouvent pas ».
Jean-François Revel [1].

A l’origine de ce livre [2], il y a un certain sentiment assez peu philosophique, selon l’idée que l’on se fait généralement de la philosophie, à savoir une colère mêlée de consternation.
C’est en relisant par hasard, au printemps 2013, quelques pages de L’Espace littéraire que nous nous sommes rendu compte qu’il y avait réellement un problème avec Blanchot et avec l’adulation dont il fait l’objet. Comment tant de gens ont-ils pu vouer un culte à un auteur dont les pages les plus célébrées sont aussi creuses qu’obscures, aussi vides qu’ennuyeuses ? Nous étions consternés devant ces interminables ratiocinations réputées si profondes, exprimées en un langage confus qui, à l’évidence servait de rideau de fumée pour masquer leur faiblesse. Un exemple entre mille pour ceux qui n’auraient pas précisément les textes de Blanchot en tête :
« Et cependant, dans cette région où manquent les conditions d’un séjour véritable, où il faut vivre dans une séparation incompréhensible, dans une exclusion dont on est en quelque sorte exclu comme on y est exclu de soi-même, dans cette région qui est celle de l’erreur parce qu’on n’y fait rien qu’errer sans fin, subsiste une tension, la possibilité même d’errer, d’aller jusqu’au bout de l’erreur, de se rapprocher de son terme, de transformer ce qui est un cheminement sans but dans la certitude du but sans chemin » (L’Espace littéraire, Gallimard,« Folio », p. 92).

Nous avons décidé de nous attaquer à ce qui était à nos yeux une imposture flagrante. Il s’agissait pour nous non seulement de dénoncer une mystification mais aussi, et surtout, d’en comprendre les raisons : pourquoi Blanchot est-il obsédé à ce point par le négatif (la mort, l’absence, la perte, etc.) ? Et pourquoi, du côté de ses lecteurs, suscitait-il une admiration si pieuse ?

Ce qui fascine avant chez Blanchot est son invisibilité. On admire en lui le grand artiste en disparition : il n’a existé, jusqu’à une date récente, aucune photographie de lui postérieure aux années 1930. La biographie présentait en tête des éditions de poche ses ouvrages tenait en une ligne. De toute sa vie, jamais d’apparition publique, pas même aux colloques organisés sur lui. Blanchot voulait véritablement disparaître derrière ses livres. Il est devenu un fantôme littéraire qui, du fait de son absence, autorise les lecteurs à projeter tous leurs fantasmes sur cette place vide qui devrait être celle de l’écrivain. Blanchot incarne un grand mythe moderne, celui mis en avant par la « nouvelle critique » de la littérature sans auteur, entièrement remise au lecteur et en particulier au lecteur professionnel. Blanchot, l’homme qui fait de la non-écriture, est un mythe et une aubaine pour les critiques littéraires qui se prennent pour des écrivains. Mais cela ne signifie pas, hélas, que ce soit de la bonne littérature, simplement que cette oeuvre a su satisfaire les aspirations profondes de certains à la profondeur et à l’indicible. Mais soyons clair, cet effet de profondeur est en trompe-l’oeil : il n’est qu’un mirage, effet d’un verbiage inconsistant, d’un flou conceptuel, qui satisfont la paresse de qui veut éprouver des frissons littéraires sans se donner le mal de lire de vrais textes.

Entendons-nous bien. Nous n’attaquons pas l’individu Blanchot mais le personnage légendaire qu’il a créé : notre attaque ne porte pas ad hominem mais ad personam. Par exemple, nous n’attaquons pas Blanchot pour les maladies bien réelles dont il a souffert toute sa vie, et qui l’ont contraint, comme le raconte la biographie de Christophe Bident [3], à suivre un régime alimentaire très sévère. L’état de santé d’un auteur n’est évidemment pas une objection contre son oeuvre. Mais les deux ne sont pas sans rapport. C’est pourquoi nous dénonçons cette obsession intellectuelle que Blanchot a tirée de sa maladie, pour le rien, le vide, le néant. En effet, nous avons essayé, suivant en cela une méthode psychobiographique nietzschéenne (réactivée notamment par Michel Onfray qui en fait un principe méthodologique central), de montrer le lien entre sa (petite) santé personnelle et les souffrances qu’il exprime dans ses textes : nous avons fait le pari qu’on peut comprendre l’oeuvre à partir de la vie, les tourments exprimés à partir des tourments vécus. C’est toujours à partir du corps que l’on pense : toute pensée est autobiographie d’un corps personnel d’une idiosyncrasie personnelle, Nietzsche l’a bien montré.

Contre le déni biographique qui veut que les livres soient sans rapport avec la vie de son auteur, nous avons montré que l’oeuvre de Blanchot est bel et bien incarnée dans une existence singulière, et qu’elle n’est donc pas du tout le produit d’un pur esprit détaché des contingences de son existence. Nous constatons ensuite que, contrairement à un autre malade chronique comme Nietzsche, Blanchot n’a pas réussi à transformer ses souffrances en une grande santé et un gai savoir, mais au contraire qu’il y a une correspondance stricte entre ses maux perpétuels et cette grande maladie qu’il exprime mieux que quiconque : le nihilisme littéraire. Et le terme de nihilisme nous semble juste, quoique Blanchot ne le revendique pas. Il ne thématise pas le Rien en tant que tel mais quelque chose qui lui paraît encore plus radical, car soustrait à toutes les oppositions traditionnelles de la métaphysique, qui est le Neutre, mot qui dit bien l’abolition de tous les contraires et le retour à leur unité primitive indifférenciée, dans l’irrationalité la plus complète. Dans sa nécrologie, le journaliste Fabrice Pliskin écrivait : « On finit par se lasser de cette partie sans fin de crapette oxymorique et on regarde avec méfiance ce Matamore de l’échec et de l’impuissance ("L’horreur seule me pénètre"), comme si ses appels incessants aux grands mots de mort et d’absence dissimulait, en réalité, le monologue sublime et circulaire d’une belle âme hégélienne, cachottière, honteuse, bien décidée à ne jamais sortir de chez soi, un chez-soi qu’elle aurait rebaptisé Dehors » [4].

En somme, nous avons voulu faire une critique rationaliste du nihilisme intellectuel, tant littéraire que philosophique. Notre thèse, qui n’a rien d’original et qui devrait être une évidence pour tous, est qu’un langage obscur est l’expression d’un obscurantisme intellectuel. Hélas, pour beaucoup de penseurs, qui ont lu et admiré Blanchot (et Heidegger avant lui), c’est tout le contraire qui est vrai : ce qui est profond est obscur, ce qui est commun mérite à peine d’être mentionné. La revendication aristocratique de profondeur confine alors à l’hébétude et se marie assez bien avec une posture intimidante, sinon terroriste. En essayant, en outre, de rattacher l’oeuvre de Blanchot à la position sociale de son auteur, nous avons tenté de replacer cette pensée qu’on croit si solitaire dans son temps et de montrer dans quels enjeux et quelles luttes intellectuels elle prend place. Sans prétendre avoir fourni des explications définitives à ce sujet, il s’en faut de beaucoup, nous voulions montrer qu’en plus de comprendre de l’intérieur une pensée, on peut envisager d’en comprendre les conditions sociales de possibilité : en droit, il n’est pas impossible (mais il est peut-être malséant) d’expliquer une philosophie par son époque.

C’est pourquoi, au-delà du seul cas de Blanchot, nous avons mis en lumière quelques uns des traits les plus remarquables, et les plus condamnables, des penseurs français d’après-guerre, Blanchot servant de révélateur en ce qu’il concentrait l’ensemble de ces travers et les accentuait jusqu’à la caricature. Contrairement à ce qu’en disent ses disciples, Blanchot, loin d’être un marginal, un isolé, étranger à son siècle, en était au contraire le meilleur représentant. C’est tout un jeu d’imitations que nous avons décrit, jeu par lequel s’est formé un conformisme intellectuel très parisien. Il y avait là si on veut une rivalité mimétique, chacun s’efforçant d’être plus radical que tous les autres, plus intransigeant et plus avant-gardiste, et tout le monde pensant au bout du compte les mêmes choses sur quelques thèmes bien circonscrits (la gauche, la révolution, la littérature, Hegel, Sade, etc.). Ou comment à force de vouloir se distinguer des autres, on finit par penser la même chose que tout le monde. La concurrence comme alignement et rétrécissement des possibles intellectuels sur fond de recherche de distinction... Sur le papier, les penseurs des marges, de l’inavouable et de la transgression se font un devoir de n’être en rien semblable au commun des mortels, quitte à défendre n’importe quel paradoxe, préférant être incompréhensibles qu’ordinaires. Cependant, notre but n’était pas de faire une satire du snobisme - encore que la chose aurait pu être distrayante - mais de mettre en lumière le conformisme, l’irrationalisme et l’obscurantisme intellectuels qui prennent les couleurs de l’avant-garde « de gauche ». Et il n’y a en fait pas de raison d’opposer les deux (le snobisme et l’obscurantisme) car étaler ses dissertations sur l’être, le néant ou le neutre, qu’est-ce donc, sinon l’expression d’un désir aigu d’"en" être -et d’empêcher les autres d’"y" entrer ? Or, que la métaphysique soit bien souvent le masque du snobisme n’est pas, encore aujourd’hui, la chose du monde la mieux admise chez les gens « intelligents »...

On peut du reste admettre, en un certain sens, qu’à force de vouloir être des penseurs d’exception, ils ont réussi à le devenir. Mais cela n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. « Si le désir déréglé de devenir savant rend souvent les hommes ignorants, dit à ce sujet Malebranche, le désir de paraître savant ne les rend pas seulement plus ignorants, mais il semble qu’il leur renverse l’esprit ; car il y a une infinité de gens qui perdent le sens commun, parce qu’ils le veulent passer ; et qui ne disent que des sottises parce qu’ils ne veulent dire que des paradoxes. Ils s’éloignent si fort de toutes les pensées communes dans le dessein qu’ils ont d’acquérir la qualité d’esprit rare et extraordinaire, qu’en effet ils y réussissent, et qu’on ne les regarde plus ou qu’avec admiration, ou qu’avec beaucoup de mépris » [5]. On aura compris que nous avons choisi la seconde possibilité, dans la mesure où en disant des choses extraordinaires et rares (et combien sont rares autant qu’extraordinaires les affirmations de Blanchot !) on peut être encore très loin de dire des choses justes. Ce qui ne signifie heureusement pas qu’on doive se contenter de platitudes pour rester dans le vrai !

Il y aurait beaucoup à dire sur cette bêtise cultivée, bien différente de la simple stupidité de l’ignorant, en ce que la bêtise est active et même très active. Un esprit stupide est plus ou moins passif, tandis que celui qui, agité d’une sorte de fièvre intellectuelle, se sent soudain des prétentions à la Pensée, est porté à toutes les imprudences, tous les excès, parce que son désir en la matière dépasse malheureusement de loin sa capacité à soutenir cet exercice. Au bout de la lecture centaines de pages de L’Entretien infini où la littérature se trouve petit à petit rabaissée à ce qu’il y a de plus misérable dans l’existence (la fuite devant la réalité, le rien, l’ennui, la mort où un autre concept ,« négatif »il n’est en toute conscience pas possible de ne pas se sentir pris d’une colère contre cet étalage d’impudence et de dénigrement des auteurs dont le critique professionnel est pourtant censé nous faire comprendre le génie ! Il est donc vrai de dire que nous avions une colère à vider -mais une juste colère, nous l’espérons, et ce serait notre seule excuse ! [6]

Là est selon nous la racine du problème : Blanchot ne fait pas aimer la littérature, tout au contraire. La vérité est qu’il y semble même indifférent. Ses notes de lectures sont le plus souvent de simples prétextes pour ses propres considérations moroses qui sont aussi déprimantes qu’injustifiées. Qu’elles soient injustifiées est, nous y insistons, le problème principal, car si elles étaient justes, on pourrait accepter qu’elles soient accablantes et ne procurent guère qu’une « délectation morose » quant au le spectacle de la misère humaine. Mais nous montrons que cela n’est pas tenable. Etrangement, Blanchot peut être à la fois très sceptique et très dogmatique, et comment dans son attitude, il peut osciller entre l’indifférence et l’extrémisme. Mais nous avons vu dans cette recherche du Neutre un symptôme de refus du monde, de refus du corps, de refus de la littérature, de refus de la vie. La contemplation du Rien est une sorte d’abîme pour l’esprit ; la considération du Neutre est à peine différente, en ce qu’elle exprime le désir de se défaire de toutes les contradictions, d’abolir toute vitalité et d’atteindre à un idéal d’apathie (littéralement : absence de souffrance). Et cet idéal n’est pas moins dangereux pour l’esprit, car il voisine avec la folie, le désespoir, enfin le renoncement à tout, qui nous semble être l’aboutissement logique, inévitable et revendiquée de l’ « éthique » blanchotienne : elle invite au sommeil des facultés, y compris de la raison. Enfin, un paradoxe que nous avons souligné, sans tout à fait pouvoir l’expliquer, est que cette revendication de neutralité (intellectuelle, morale, politique, affective) se concilie aisément avec des montées aux extrêmes : déni total de la biographie ; refus affiché de tout engagement mais adhésion à l’extrême-droite avant-guerre puis à l’extrême-gauche dans les années 60 ; vénération pour Sade et sa négation absolue de l’autre articulée à une admiration pour Levinas et son ouverture inconditionnelle à autrui et au sens éthique du visage. Mais c’est par ce mélange d’extrémisme et d’indifférence qu’on peut sans doute le mieux caractériser le « blanchotisme » : Blanchot veut tantôt hurler avec les sirènes de son temps, tantôt abolir toute parole et se murer dans un silence définitif .

Il est vrai que nous aurions pu comparer davantage les propos de Blanchot sur les écrivains à ce qu’ils ont réellement écrit, afin de mieux voir si l’essence de la littérature est bien dans la mort et la disparition. Cela aurait mérité d’être l’objet d’un chapitre. Mais à vrai dire, Blanchot n’a sans doute pas tort de penser que Mallarmé parle essentiellement de l’absence de tout et que Kafka est obsédé par la mort. Il ne s’est sûrement pas trompé sur ces deux auteurs. Mais le problème est plutôt de croire que toute littérature serait, en son fond, mallarméenne et kafkaïenne, et que ce serait là, de plus, le fin mot sur notre existence ; qu’on pourrait tirer d’eux une vérité intemporelle et définitive sur la littérature et toute une philosophie. Le tort de Blanchot n’est pas de voir du négatif chez un Kafka mais d’en voir partout. Dans L’Entretien infini, il ne peut par exemple pas parler du lyrisme de Baudelaire sans le ramener entièrement à l’expression d’un manque, ni de Corneille sans voir en lui l’auteur de la « mort du héros ». On a aussi le droit de voir les grands auteurs autrement que de cet œil noir de la mélancolie. On peut avoir de bonnes raisons d’être pessimiste sur bien des choses mais quand à ce pessimisme s’ajoute une certaine démangeaison métaphysique, on en arrive à une œuvre qui réduit tout systématiquement au néant, à l’insignifiance, à la mort.

Nous avons donc commis ce livre contre l’ennui qui transpire à chaque page de Blanchot et contre toute espèce de sérieux mortel. Nous avons fait un livre contre Blanchot, mais c’était tout de même bien un livre sur Blanchot. Un hégélien y verrait le pouvoir renversant du négatif : c’est en s’opposant le plus à quelque chose qu’on finit par le mieux l’exprimer - beaucoup mieux en tous cas que ceux qui adhèrent immédiatement et ne savent pas voir ce qu’ils croient aimer. Nous avons tenté, quoi qu’il en soit, un travail de compréhension en profondeur de l’œuvre blanchotienne et nous croyons que, malgré (ou grâce à ?) tous nos sarcasmes et nos indignations, nous avons tout de même éclairé bien des pans de cette œuvre obscure.

Nous disons que Blanchot n’a rien apporté d’essentiel ni de bon à la littérature. Il ne s’est concentré que sur quelques aspects, toujours les mêmes, il a abusivement généralisé à partir de quelques remarques localement justes (sur Kafka, Hölderlin et une poignée d’autres, et il a donné une image de « la » Littérature en mécomprenant ce qu’est un écrivain). En revanche, il a beaucoup fait en ce qui concerne la passion pour la littérature, si on veut entendre par là le penchant à disserter sur les auteurs à coups de grandes affirmations générales (« Toute sa vie, il n’a cherché qu’une seule chose », etc.) et de sentences définitives (« Dans son essence même, l’écrivain n’est que », etc.). Libre à lui comme à quiconque d’en lire, d’écrire même s’il le veut les considérations que lui inspirent les grands auteurs, mais elles auraient mieux fait de rester au fond d’un tiroir plutôt que de sortir sur la place publique et de passer pour le fin du fin en matière de théorie littéraire. Le problème est de toute façon moins la publication des livres de Blanchot que la reconnaissance incompréhensible et le culte dont ils font l’objet. Que quelqu’un se mette à délirer et publie ses pensées les plus confuses, pourquoi pas, Raymond Queneau s’est bien s’intéressé à ces fous littéraires (et peut-être, au fond, Blanchot peut-il être considéré comme appartenant à cette catégorie), dont il a exhumé les manuscrits à la BNF, qui, perdus « aux confins des ténèbres » (titre très blanchotien [7] ), recherchent les origines batraciennes de l’homme ou les causes algébriques de la sexualité ! Mais que les élucubrations blanchotiennes sur la Littérature avec un grand L passent pour profondes, et même géniales, voilà qui est vraiment désolant. Le risque, à ce genre de jeu de massacre auquel nous nous sommes livrés, est bien sûr de tomber dans les humeurs noires que nous reprochons précisément à Blanchot. Mais nous avons tout de même essayé de prévenir cela par l’humour, la concision, la clarté, toutes qualités qui manquent franchement à Blanchot. Bref, un livre drôle pour se moquer de Blanchot, un attentat burlesque contre le nihilisme, un essai de rationalisme satirique appliqué, nous l’avons fait et nous nous sommes bien amusés à le faire !

Notes

[1Jean-François Revel, Sur Proust, préface, repris dans le volume Jean-François Revel, Robert Laffont, "Bouquins" 1997, p. 279.

[2Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, Blanchot l’obscur ou La déraison littéraire, Préface de Michel Onfray. Autrement, « Université populaires & Cie », 2015.

[3Christophe Bident, Maurice Blanchot : Partenaire invisible/Essai biographique, Champ Vallon, 2008.

[4« Blanchot l’obscur », Le Nouvel Observateur, 24 février 2003.

[5Malebranche, De la Recherche de la vérité, Livre IV, Chapitre 8-I, « Du désir de paraître savant », in Œuvres I, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1979, p. 431-432.

[6Blanchot a pratiqué une forme subtile de dénigrement de la littérature, exercice dans lequel, à vrai dire, il fait figure de simple amateur à côté d’un professionnel du genre, nommément Michel Foucault, qui écrit des pages consternantes, que nous citons, pour dénigrer Blanchot sous couvert de lui rendre hommage et pour tuer la littérature au nom d’une nouvelle forme de philosophie spécifique : la littérature est morte, vive Foucault ! Dès fois qu’il se trouverait des ,« littéraires »qui, usant de la pugnacité, de l’insolence et de la lucidité propres à toute vraie « littérature » s’en prendrait au jargon abrutissant de l’auteur de L’Archéologie du savoir, et à son mépris cynique, tant pour la littérature que la philosophie... Mais tant qu’il s’écrira des textes comme certains de ceux qu’osait écrire Foucault, qui à l’assassinat contre l’art ajoutent une forme raffinée de destruction de la raison, bien heureusement la littérature, la philosophie et même le simple exercice de l’esprit critique le plus élémentaire, garderont toute leur raison d’être ! A ce sujet, voir l’excellent petit livre de Jean-Marc Mandosio, Longévité d’une imposture : Michel Foucault Suivi de Foucaultphiles et foucaulâtres, Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2010.

[7Raymond Queneau, Aux confins des ténèbres : Les Fous littéraires, Gallimard, réed. 2002.

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