ISSN 2269-5141

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Claire Pagès : Hegel et Freud

Les intermittences du sens

lundi 2 mai 2016, par Matthieu Contou

Paru à l’automne dernier, Hegel & Freud. Les intermittences du sens [1] est l’ouvrage que Claire Pagès a « tiré de [sa] thèse de doctorat en philosophie, soutenue le 11 décembre 2010 à l’Université Paris Ouest Nanterre. » [2]. Au principe de l’argument qui y est défendu, une conviction dont un fait d’histoire de la philosophie contemporaine – française, pour l’essentiel – signalerait et confirmerait le bien-fondé : il existerait « une certaine parenté de structure » [3] entre la philosophie hégélienne et la psychanalyse freudienne. Une certaine parenté de structure et, par conséquent, un totem qu’il y aurait lieu d’identifier, en l’occurrence, au concept, initialement hégélien, de « négativité ».

Pour ces deux auteurs, en effet, la négation renverrait moins « à ce qu’on appelle couramment négation », soit « à la négation linguistique », qu’à un « processus » réputé « plus originaire », parce qu’opérant « à un niveau infralangagier » [4]. Niveau infralangagier et, par là, agrammatical, où il deviendrait loisible de parler d’un « négatif qui positive » [5], en appliquant alors le concept de négation au phénomène – psychologique, en vérité – de l’échec structurant ou, comme on dit parfois désormais, de la « résilience » [6].

Nommée « négativité » par Hegel, cette « puissance d’élaboration » [7] qu’est donc ici la négation n’est certes jamais mentionnée dans l’œuvre de Freud, mais elle y serait néanmoins constitutive de ce qu’il y appelle « refoulement » et, plus largement, de toutes les attitudes inconscientes qu’il range sous la catégorie des « mécanismes de défense » : « L’existence d’une négativité psychique tient essentiellement à la façon dont sont compris les mécanismes de défense. La psyché mobilise des « défenses » pour faire disparaître ou rendre inoffensif ce qui la menace. […]. Une opération de négation – de séparation – devient en tout cas le moyen du maintien d’une certaine intégrité psychique […]. Il y a donc une négativité psychique et pas seulement une présence de la négation, pour cette raison que la négation sert à produire quelque chose de positif : une issue au conflit, une protection, une aide. » [8].

Aussi faudrait-il en fait renoncer à l’opposition – pourtant très tentante – d’« une philosophie de l’esprit absolu », vouée à faire la « démonstration de la [toute ?] puissance de la pensée », et d’« une archéologie de l’âme humaine », liée à l’« analyse des impuissances de la conscience » [9]. Y renoncer au profit de la distinction seulement résiduelle et tendanciellement évanouissante ou même, plus exactement, de l’analogie qu’il serait bien plutôt préférable d’établir entre le registre spéculatif d’une psychologie de l’Esprit et le registre psychanalytique d’une psychologie des esprits. Analogie rigoureusement parallèle à celle – apparemment plus locale – que Claire Pagès entend quant à elle souligner en rapprochant la « négativité dialectique » ou le « travail dialectique du négatif » [10] qui prévaut chez Hegel et la « négativité psychique » ou le « travail psychique du négatif » [11] qui prévaudrait cette fois chez Freud.

Mais s’il est vrai que cette proposition peut d’abord sembler d’autant plus pertinente que la critique du concept de « négativité » est effectivement nodale et prioritairement mobilisatrice chez tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont instruit le procès conjoint de l’hégélianisme et du freudisme après-guerre, il est toutefois non moins évident qu’elle suppose aussi qu’on soit en mesure de leur opposer que la « promotion hégélienne et freudienne du négatif n’est pas un leurre » [12]. Le leurre spécifiquement herméneutique auquel s’apparenteraient deux entreprises si bien assujetties au dogme idéaliste de « l’omniprésence du sens » [13] qu’elles n’honoreraient le négatif ou le non-sens que tout à fait provisoirement, et au prix de sa neutralisation, par intégration à l’économie – finalement triomphante – de l’intelligible.

De là, les deux questions qui sont comme les deux faces du problème que Claire Pagès a eu l’ambition de résoudre dans ce livre : l’examen comparatif et détaillé des conceptions hégélienne et freudienne du négatif autorise-t-il bel et bien à conclure à la parenté structurale de leur contribution respective à l’histoire de la pensée ? Et, si oui, peuvent-elle être défendues contre le reproche qui leur a été adressé de n’avoir pas su faire droit à la réalité définitivement résistante, pour ainsi dire, d’au moins quelques-unes des possibles figures de l’insensé dans nos vies ?

Deux questions auxquelles Claire Pagès apporte une réponse à chaque fois positive, au cours d’une argumentation qui justifie progressivement le titre – Hegel & Freud – puis, bien plus longuement [14], le sous-titre – Les intermittences du sens – de l’ouvrage.

Dans un premier moment, elle consacre ainsi deux chapitres à mieux présenter les deux aspects successifs du problème qui la retient.

Au chapitre 1, intitulé « Qu’est-ce que la négativité ? », elle s’emploie tout d’abord à rappeler ce que « négativité » signifie dans le contexte hégélien et s’attache ensuite à montrer qu’il y a là une notion qui permettrait tout autant d’isoler l’originalité théorique des concepts et des analyses que Freud a mis au service d’une science de la conflictualité intrapsychique. Après quoi, il lui apparaît d’ores et déjà possible d’affirmer que ce qu’André Green – et non Freud – pense sous le concept de « travail du négatif » est formellement homogène à ce qu’Hegel avait le premier cherché à faire valoir en forgeant cette expression. Qu’elle soit dialectique ou psychique, la négativité se laisserait en fin de compte minimalement définir par cinq propriétés invariantes : son dynamisme logique, son caractère conservateur, sa dimension itérative, son noyau tragique et son rapport à la dissimulation. Au terme de ce chapitre inaugural, Claire Pagès estime donc avoir réussi à répondre à la première de ses deux questions : « Les négativités dialectique et psychique apparemment si opposées », déclarera-t-elle bientôt, « partagent des structures fondamentales communes. Dans cette mesure, nous semble en question une même entente de la négativité. » [15].

Reste alors à introduire le lecteur au second volet de son problème. C’est l’objet du chapitre 2, « Prendre au sérieux le négatif ? L’ère du soupçon ». Il consiste en premier lieu à surenchérir sur les conclusions du précédent. En réalité, l’analogie jusqu’ici sommairement dégagée révèlerait même l’identité d’« un choix théorique » [16]. Ce choix ? Avoir décidé de « prendre au sérieux le plus profondément possible le négatif » en « l’élev[ant] au rang de loi ou de structure » [17]. Et pas n’importe laquelle, qui plus est, puisque Claire Pagès écrit ensuite que les « deux négativités sont loi de l’être », soit, ajoute-t-elle immédiatement, « loi de tout » [18] : de toute la vie de l’Esprit dans un cas, de toute « la vie psychique » [19] dans l’autre.

En dépit du non-sens auquel elles confinent [20], ces formules – sans doute inévitables au sein d’une étude dont « [l]e point de départ est hégélien » [21] – ont néanmoins un mérite rhétorique notoire. En laissant entendre que le concept de négativité joue un rôle identiquement central chez Hegel et chez Freud, elles suggèrent de fait également que la psychanalyse serait aussi dramatiquement exposée que l’idéalisme absolu à une objection qui ne vaut en vérité que contre lui et qui ne saurait donc à la rigueur affecter qu’une lecture hégélienne du texte freudien, c’est-à-dire une erreur.

Mais telle n’est cependant pas l’analyse de Claire Pagès qui considère plutôt qu’ « il y a un fond de vérité dans les protestations » [22] de ceux qui ont noué la critique du freudisme à celle de l’hégélianisme au motif que ces deux dispositifs théoriques témoigneraient d’une même conception du négatif, coupable « de tout acheminer vers un sens que la réalité dément, […] et de tout expliquer et tout justifier, si bien que rien n’arriverait jamais en pure perte. » [23]. Concession indéniablement conséquente après avoir avancé que la négativité est, chez Freud comme avant lui chez Hegel, la « loi de tout » [24]. Et voilà bien pourquoi, du reste, Claire Pagès ne contestera aucunement « le primat hégélien et freudien du sens, associé à la négativité » [25], mais, tout au plus, la forme caricaturale qu’on lui prête lorsqu’on le croit absolu. Son enquête revenant dès lors à se demander désormais si certains traits, trop souvent sous-estimés, de ces deux pensées n’offriraient pas malgré tout [26] l’occasion de reconnaître qu’Hegel et Freud n’auraient pas systématiquement échoué à rendre compte « de la réalité du non-sens » [27].

À cette seconde question qui est proprement « celle des intermittences du sens » [28], la suite de l’ouvrage répondra en deux temps qui correspondent respectivement au deuxième et au troisième moment de son argument général.

Dans le premier, principalement taxinomique, soit du troisième au cinquième chapitre, Claire Pagès s’attarde – globalement trop longuement et néanmoins jamais assez à chaque fois – à détailler la critique de la négativité qu’on a fréquemment adressée à Hegel et à Freud. Comme elle l’avait d’emblée annoncé à la première page de son introduction, elle y distingue « trois figures du non-sens : la dysfonction, la différence et l’automatisme » [29], c’est-à-dire « ce qui ne fonctionne pas (échec, blocage : dysfonction), ce qui dis-fonctionne (différence) et ce qui fonctionne tout seul (automatisme). » [30]. Trois figures du non-sens, mais, aussi bien, trois variantes d’un même rejet de « l’économie hégélienne et freudienne du sens » [31]. De cette économie, ramenée à la triple illusion d’un sens « plein, un ou mien » [32] et, par conséquent, à une faute qui relève tantôt de l’intolérance à l’incomplétude ou à la finitude, tantôt de l’allergie à toute altérité et, ce faisant, au pluralisme, tantôt enfin d’une lâche défense devant l’impersonnalité ou l’anonymat de l’histoire, ce « procès sans sujet ». Le chapitre 3, « La dysfonction », liste et commente brièvement tous les auteurs qui ont choisi le premier angle d’attaque ; le chapitre 4, « La différence », en fait de même avec tous ceux qui ont opté pour le deuxième, et le chapitre 5, « L’automatisme », avec l’ensemble de ceux qui ont préféré adopter le troisième.

Ce travail accompli, Claire Pagès entre alors dans le troisième et dernier moment de son argumentation. Comprenant trois ultimes chapitres qui répondent terme à terme aux trois précédents – le sixième, « Négativité et dysfonction », le septième, « Différence et négativité », et le huitième, « Négativité et automatisme : le travail automatique du négatif » –, cette séquence résolutive est aussi la plus longue de l’ouvrage et il est donc exclu de prétendre ici en restituer la teneur, même schématiquement.

Pour le dire en un mot, néanmoins, Claire Pagès y expose les raisons qu’elle a de ne pas consentir à avaliser en tous points le triptyque critique qu’elle a préalablement pris le soin de reconstituer. Dans la première section du sixième chapitre, prenant le plus souvent appui sur les brillantes analyses de Gérard Lebrun [33], elle soutient, par exemple, qu’Hegel est moins le fossoyeur de la finitude et le promoteur d’un système métaphysique qui culminerait dans le « mysticisme spéculatif » naguère dénoncé par Louis Althusser [34] qu’un puissant critique de la Représentation. Ce qui ne saurait être allé sans avoir eu à admettre la consistance et les effets réels de ses contradictions, au plan d’une logique de l’entendement fini qui est de fait essentielle à la mise en cause hégélienne du romantisme philosophique. De même, dans le septième chapitre, cette fois, où Claire Pagès a beau jeu de rappeler la « dimension disruptive » [35] et effractive de la libido et, de ce fait, la conscience aigüe que Freud a de l’altérité et de son énigmatique opacité, en insistant alors à très bon escient sur ce que Jean Laplanche en a dit dans le cadre de sa propre « théorie de la séduction généralisée ». Entreprise de réhabilitation que Claire Pagès poursuit sur bien d’autres points et plus en détail dans la dernière étape de sa réflexion.

À l’issue de ce long parcours argumentatif, une question – qu’on aurait pourtant pu croire préjudicielle – demeure toutefois encore pendante : « En quoi […] le concept de travail du négatif est-il précieux ? […] Pourquoi vouloir penser le non-sens avec la négativité et non sans ? » [36]. Question, assurément importante, à laquelle Claire Pagès entreprend finalement de répondre dans une conclusion intitulée « La négativité sans au-delà(s) », qui livre enfin le mobile proprement philosophique d’un ouvrage qui n’est donc pas réductible à un travail d’exégèse comparée et d’histoire de la philosophie.

Ramenée à l’essentiel, cette réponse revient à indexer l’ensemble de l’étude à la défense d’« un immanentisme qui exclut toutes les formes d’au-delà. » [37]. Car Claire Pagès en profite en effet pour avancer que le concept de négativité aurait en définitive l’insigne mérite d’autoriser à penser « l’ordre du sens et celui du non-sens » [38] sans jamais avoir à déroger à la clause immanentiste du contrat philosophique – manifestement supérieur – qui engage à reconnaître qu’« Il n’y a pas de dehors radical » [39]. À ses yeux, autrement dit, ce concept aurait ceci de tout à fait irremplaçable que, renvoyant « à un processus qui n’ouvre pas sur un ailleurs, une attente, un événement », il permettrait d’« exclu[re] ainsi toute transcendance » [40], c’est-à-dire, insiste-t-elle un peu plus loin, « toute attente messianique au sens élargi de l’attente de ce qui vient et qu’on espère salvateur. » [41]. Et nul doute que la défense de cette « négativité [qui] forme une trame pour le réel qu’elle organise sans attendre ni espérer un événement » [42] corresponde bel et bien au souci central dont témoigne son livre, puisqu’une fois caractérisée en ces termes, la négativité paraît alors identifiable au « travail automatique du négatif », soit à la « dernière figure du non-sens » dont Claire Pagès dit expressément qu’elle est celle « qui [lui] tient le plus à cœur. » [43].

On peut fort bien et même tout à fait partager l’athéisme dont Claire Pagès entend ici faire profession en s’opposant à toute eschatologie et, partant, à toute sotériologie. Mais il est, en revanche, pour le moins regrettable qu’elle ait choisi de le défendre en s’en remettant à une notion qui est philosophiquement régressive et, à vrai dire, tout bonnement animiste.

Et, de fait, envisagée sous l’angle qui nous justifierait à parler de l’« automatisme spéculatif du négatif » [44], la négativité n’est-elle pas le nom de « L’automouvement du concept [qui] se définit comme développement immanent de la chose qui possède une règle propre » [45] ? Or qu’est-ce qu’une chose qui possède une règle propre ? Une règle propre, c’est-à-dire une règle qu’il n’y aurait pas à lui appliquer de l’extérieur, en quelque sorte, parce qu’elle serait en elle comme une tendance logique. Qu’est-ce donc, sinon un pur et simple fantasme animiste – fût-il chrétien, comme l’est en effet le paradigme de l’incarnation du verbe qui en est la source ? Et comment comprendre, par ailleurs, le retour obsessionnel du préfixe « auto » dans tous les termes conceptuels – « automatisme », « automouvement », « autodétermination », « autoproduction », « auto-engendrement », « autodonation » – que Claire Pagès valorise parce qu’ils auraient l’avantage de mieux suggérer que les œuvres de l’esprit témoignent d’une « logique du contenu » qui ne devrait fort heureusement plus rien aux « prérogatives d’un arbitre » [46] ? Comment le comprendre, sinon, précisément, comme le symptôme d’une pensée qui n’a absolument pas rompu, en fait, avec la conception – à la fois grecque et chrétienne – qui identifie le sens à l’élément et au souci proprement sotériologiques d’une ipséité ?

En vérité, il y a donc autant d’inconséquence grammaticale à prétendre ainsi désolidariser le motif de l’ipséité et celui du salut qu’à chercher à penser la norme ou la loi dans un cadre philosophique immanentiste. Car l’idée même d’une loi immanente n’a strictement aucun sens : aucun, s’il n’est pas seulement l’effet d’un jugement réfléchissant, en tous les cas. Claire Pagès ne semble pas le voir et c’est tout de même un sérieux problème en la circonstance, puisque Freud, qui fait – au moins tacitement – la distinction entre le régime mythologico-religieux et le régime logique de la référence à la transcendance ou à l’extériorité de la loi, le voit quant à lui très clairement. Aussi bien est-il tout simplement faux d’affirmer – comme on peut le lire dans la seconde section du dernier chapitre de l’ouvrage – que la transition du principe de plaisir au principe de réalité relève d’une « régulation automatique » [47]. Faux parce que, là comme ailleurs dans l’œuvre de Freud après l’introduction du concept de narcissisme et le passage à la seconde topique, l’ « épreuve de réalité » est placée sous la juridiction psychique du surmoi. Instance intrapsychique, certes, mais qui procède néanmoins de l’intériorisation d’une loi, d’un commandement ou d’un interdit qui a d’abord émané d’une autorité transcendante et extérieure à la bulle auto-érotique où l’infans hallucine la satisfaction de son désir incestueux. Faux parce que Freud est, de façon générale, on ne peut plus résolument dualiste et que s’il y a bien un rêve qu’il n’aurait jamais accepté de prendre au sérieux, c’est bien celui qui aurait consisté à se proposer de renoncer à la dualité de la pulsion et de la loi.

Un peu court à l’appui d’une critique aussi sévère ? Certainement. Mais, à l’échelle – nécessairement réduite – d’une recension où l’on a d’abord à rendre compte du contenu d’un ouvrage, cela suffirait déjà à suggérer qu’il est au minimum éminemment discutable de parler de « négativité psychique » en un sens qui autoriserait à conclure à la parenté structurale de la philosophie hégélienne et de la psychanalyse freudienne.

Notes

[1Claire Pagès, Hegel & Freud. Les intermittences du sens, Paris, CNRS Éditions, 2015

[2Ibid., p. 407

[3Ibid., p. 88

[4Ibid., p. 63

[5Ibid., p. 84

[6Terme – introduit par Boris Cyrulnik dans son ouvrage Un merveilleux malheur, Odile Jacob, Poches, 2002 – dont on n’hésite d’autant moins à user ici que Claire Pagès y fait elle-même référence dans le passage suivant de sa conclusion : « L’inspiration hégélienne de la recherche a ainsi permis de percevoir cette dimension élaborative des mécanismes psychiques trop souvent occultée par une survalorisation du drame, de l’échec ou de la fracture psychique, etc. C’est pourquoi des conceptions analogues des mécanismes de défense, qui font valoir leur caractère élaboratif et pas uniquement leur dimension d’échec, sont mobilisées par exemple par des pensées de la résilience. Voir Cyrulnik, 2002, p. 186-18 », et Pagès, Hegel & Freud. Les intermittences du sens, Paris, CNRS Éditions, 2015, p. 383

[7Ibid., p. 85

[8Ibid., p. 54-56

[9Ibid. p. 16

[10Ibid., p. 15

[11Ibid., p. 17. Une expression – « travail psychique du négatif » – ouvertement inspirée de ce qu’André Green écrit dans le texte suivant : « J’ai appelé travail du négatif, l’ensemble des défenses primaires (refoulement, désaveu, forclusion, négation) qui ont en commun leur obligation de statuer par oui ou par non sur un quelconque élément de l’activité psychique, pulsion, représentation de chose ou de mot, perception, qui sont les instruments et les processus par lesquels le jugement psychique est prononcé », A. Green & B. Favarel-Guarrigues & J. Guillaumin & P. Fédida, alli (dir.), 1995, Le Négatif, travail et pensée, Bordeaux-Le-Boucat, L’Esprit du temps, Perspectives psychanalytiques, p. 26, cité par Claire Pagès dans Hegel & Freud. Les intermittences du sens, CNRS Éditions, Paris, 2015, p. 55. Des lignes, notons-le en passant, qui malmènent peut-être, mais n’évacuent cependant aucunement le paradigme grammatical de la négation. En sorte qu’on comprend très bien la protestation d’André Green que Claire Pagès paraît regretter dans cet autre passage de sa conclusion : « Sans le concept dialectique du négatif, la conception d’une négativité chez Freud semblait compromise. C’est en tout cas la ligne qui est la nôtre à la suite d’André Green dont le titre du livre, Le travail du négatif, dit déjà toute sa dette à l’égard de la conceptualité hégélienne. Quoique Green proteste parfois contre « l’hypothèque hégélienne » qui a pesé sur la psychanalyse, et qu’il lui arrive de dénier au travail psychique du négatif toute paternité hégélienne, ses élaborations héritent à notre sens d’un concept du négatif très hégélien. », Pagès, (C.), Hegel & Freud. Les intermittences du sens, CNRS Éditions, Paris, 2015, p. 381-382

[12Ibid., p. 86

[13Ibid., p. 90

[14Et pour cause, puisqu’elle s’en tient à dire pour sa part que sa « question est […] celle des intermittences du sens. », Pagès, (C.), op. cit., p. 15

[15Ibid., p. 83

[16Ibid.

[17Ibid.

[18Ibid.

[19Ibid.

[20Car n’y a-t-il pas tout bonnement contradiction à parler d’une « loi de l’être » ? Des lois de ce qu’on dit de ce que qu’on appelle « réalité », fort bien. Mais de la « loi de l’être » comme tel ? Et que pourrait-ce bien être qu’une « loi de tout » ? Qu’est-ce qu’une loi sans domaine d’application un tant soit peu déterminé, sinon l’absence de loi ? Mais il est vrai qu’à partir du moment où l’on juge envisageable de considérer que « ce qu’on appelle loi est justement un moteur, une activité ou un travail »Pagès, op. cit., 83, le « jeu de langage » de la loi devient très ouvert…

[21Ibid., p. 17

[22Ibid., p. 90

[23Ibid., p. 97-98

[24Ibid., p. 83

[25Ibid., p. 100

[26Car il y a là un paradoxe. Paradoxe tout à fait dirimant, mais néanmoins entièrement assumé par Claire Pagès qui écrit au beau milieu du premier paragraphe de son introduction que la thèse qu’elle entend défendre dans son ouvrage consiste précisément à « soutenir le paradoxe suivant : le travail du négatif est un concept légitime et précieux pour penser la réalité de phénomènes dont le sens n’est pas plein, un ou mien. », Pagès, op. cit., p. 15 !

[27Ibid., p. 100

[28Ibid., p. 15

[29Ibid.

[30Ibid., p. 103

[31Ibid., p. 98

[32Ibid., p. 15

[33Sans conteste, l’un des plus grands interprètes francophones, sinon même l’un des plus grands interprètes de Hegel et, quoi qu’il en soit, l’un des plus passionnants. Voir, notamment, Lebrun, (G.), La Patience du Concept, Essai sur le Discours hégélien, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie », 1972

[34Comme Claire Pagès le rappelle à la page 233 de l’ouvrage ici recensé

[35Ibid., p. 298

[36Ibid., p. 383

[37Ibid., p. 386

[38Ibid., p. 384

[39Ibid., p. 385

[40Ibid.

[41Ibid., p. 386

[42Ibid.

[43Ibid., p. 386

[44Ibid., p. 323

[45Ibid., p. 327

[46Ibid., p. 325

[47Sur ce point, voir ce que Claire Pagès écrit, par exemple, dans le passage suivant : « En somme, la régulation automatique peut opérer quelles que soient les déterminations et modifications du principe de plaisir – principe de plaisir pur, principe de plaisir modifié en principe de réalité, principe de maîtrise, principe de répétition. », Pagès, op. cit., p. 368

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