ISSN 2269-5141

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Marc-Antoine Dilhac : La tolérance, un risque pour la démocratie ? Théorie d’un impératif politique

samedi 31 mai 2014

Paradoxalement, si l’on est parfois prompt à rejeter l’impératif de tolérance, on se garde bien de revendiquer l’intolérance. Et même quand on endosse encore l’idéal de tolérance, on pousse sa logique apparente jusqu’à la contradiction : la tolérance consiste à ne pas tolérer l’intolérant, l’intolérance, l’intolérable. Cette rhétorique est une menace intérieure pour le bien commun ; elle encourage la censure, l’interdiction de manifester sa différence et finalement renforce la marginalisation des individus et des groupes qui dévient de la norme morale, sociale ou politique.
Si la démocratie a pour finalité l’inclusion politique de tous les citoyens en rendant effectif leur droit de cité, elle a pour ressort la tolérance de la diversité de leurs opinions, de leurs conceptions de la vie bonne et de leurs modes de vie. Ce livre défend une thèse modeste et essaie d’en tirer les conséquences pratiques à travers l’examen de plusieurs cas : enseignement créationniste, blasphème, discours de haine, demandes d’accommodements pour motifs religieux, etc. Plus on analyse les cas de ce genre en cherchant à déterminer des points d’équilibre, plus on se persuade que faire la théorie de la tolérance consiste surtout à en tracer les contours.
Marc-Antoine Dilhac est professeur d’éthique et de philosophie politique à l’Université de Montréal

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