ISSN 2269-5141

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Jacques Derrida, Hans-Georg Gadamer, Philippe Lacoue-Labarthe : La conférence de Heidelberg

mardi 24 juin 2014

Le présent volume est l’archive d’une discussion mémorable. Elle eut lieu au soir du 5 février 1988, dans le grand amphithéâtre de l’université de Heidelberg réservé aux événements exceptionnels, qui réunit les philosophes Jacques Derrida, Hans-Georg Gadamer et Philippe Lacoue-Labarthe pour une conférence intitulée : « Heidegger : portée philosophique et politique de sa pensée ».
Ouvrage publié en partenariat éditorial avec l’IMEC.

Les 5 et 6 février 1988 se tint à l’université de Heidelberg la conférence sur le thème « Heidegger : portée philosophique et politique de sa pensée » que nous publions ici pour la première fois. Elle eut lieu dans l’amphithéâtre même où Heidegger prononça en 1933 son discours sur « L’Université dans le Nouveau Reich » faisant ainsi écho à son célèbre Discours du rectorat, qui témoigne de sa compromission intellectuelle et politique dans le régime national-socialiste, auquel, six ans après la parution de Sein und Zeit, il apportait un soutien inattendu sinon incompréhensible. Compromission d’autant plus lourde de conséquences que jamais il ne s’en expliqua sérieu­sement ni ne la regretta.

Les interventions, improvisées en français, de trois des meilleurs exégètes de Heidegger (Jacques Derrida, Hans-Georg Gadamer et Philippe Lacoue-Labarthe) réunirent un large public et connurent alors un retentissement d’autant plus grand que venait de paraître la traduction française du livre de Victor Farias, Heidegger et le nazisme. La transcription de ces interventions et des échanges qui les suivirent documente utilement l’histoire mouvementée et toujours polémique de l’interprétation de cette œuvre, parmi les plus considérables de la philosophie du XXe siècle.

« Je soutiens que, dans un champ de problèmes aussi graves, tout geste qui procède par amalgame, totalisation précipitée, court-circuit d’argumentation, simplification d’énoncés, etc., est un geste politiquement très grave et qui rappelle, selon des formules de dénégation qui mériteraient le détour de l’analyse, cela même contre quoi nous sommes censés œuvrer. » (J.Derrida)

« Celui qui croit qu’il n’est plus nécessaire aujourd’hui de s’occuper de Martin Heidegger n’a point mesuré combien il nous sera toujours difficile de débattre avec lui et de ne pas tomber dans le ridicule en prenant à son égard des airs de supériorité. » (H.-G. Gadamer)

« Je sais que cela peut sonner aux oreilles comme un pur paradoxe, mais, quant à moi du moins, c’est la lecture de Heidegger qui, je crois, à condition de la mener d’une certaine manière évidemment, peut donner accès à une certaine réalité du nazisme. Accès que l’accusation politique et morale univoque […] masquait jusqu’alors. » (Ph. Lacoue-Labarthe)

Table

I. Événement de l’archive
Jean-Luc Nancy, Note en 2014
Reiner Wiehl, Préface
Mireille Calle-Gruber, Événement de l’archive

II. La conférence de heidelberg
Conférence du 5 février 1988
Rencontre du 6 février 1988

Annexes
Hans-Georg Gadamer, « Comme Platon à Syracuse »
Quelques réactions de la presse allemande et française

Voir en ligne :

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