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Étienne Gilson et Hans Blumenberg : revisiter le Moyen Âge

lundi 21 mai 2018, par Thibaut Gress

Journées d’études organisées par Mme Angela Beatriz Avalos, MM. Florian Michel, Christophe Grellard et Aurélien Robert pour le Groupe Actualité Médiévale attaché à la Chaire de M. Alain de Libera

Étienne Gilson (1884-1978) et Hans Blumemberg (1920-1996) offrent deux figures paradigmatiques pour appréhender la place du Moyen Âge dans l’histoire de la philosophie et penser son lien avec la modernité. Étienne Gilson, moderne devenu antimoderne, montre dans sa thèse en 1913 les soubassements médiévaux de la pensée de Descartes. Découvreur d’un continent, celui de la philosophie médiévale, que la Sorbonne de son temps tenait non pas pour une terra incognita, mais pour une terre inutile et obscure, Étienne Gilson est l’auteur d’une œuvre, dont la méthode historique est le principe d’ordre, et qui se déploie vers l’engagement politique, la « philosophie chrétienne » et la théologie.

Depuis la traduction de La légitimité des temps modernes en 1999 l’œuvre de Hans Blumenberg a suscité peu de débats chez les médiévistes français. Pourtant, en s’opposant aux différentes versions de la thèse de la sécularisation, Blumenberg questionnait directement la place du Moyen Âge dans l’histoire de la philosophie, au moment même où la philosophie médiévale commençait à trouver sa place dans le monde académique. Le geste moderne n’avait pas consisté à reprendre, de manière déguisée, des concepts théologiques du Moyen Âge sous une forme séculière, mais constituait au contraire une rupture forte, quoique protéiforme, avec la pensée scolastique. Mais Blumenberg reconnaissait toutefois qu’une partie de la théologie médiévale, en particulier dans le camp des nominalistes, avait d’une certaine manière permis l’avènement du rationalisme moderne. Même si la documentation de Blumenberg est aujourd’hui périmée, certaines de ses hypothèses semblent conserver une indéniable valeur heuristique. Que peut donc retirer le médiéviste de la lecture de cette œuvre ? Quel bilan pouvons-nous en tirer près de vingt ans après la parution du livre en France ?

L’enjeu de ces journées d’études est de penser avec Gilson et Blumenberg, et contre eux aussi au besoin, en vue d’éclairer cette zone grise entre Moyen Âge et modernité.

Programme

Mercredi 30 mai  :

14.00 Alain de Libera (Collège de France) : « Translatio studiorum : retours sur un héritage gilsonien »

14.45 Ruedi Imbach (Université Paris Sorbonne, Université de Fribourg) : « ‟Nous tenons moins à la vérité qu’à la voie par laquelle nous l’atteignonsˮ. Réflexions sur la pertinence de l’idée d’une ‟philosophie chrétienneˮ »

15.30 – 15.45 pause

15.45 Fr. Thierry-Dominique Humbrecht (Institut catholique de Toulouse) : « Philosophie et théologie, entre frontières et intégration. Gilson et le problème du révélable »

16.30 Michel Fourcade (Université de Montpellier) : « Lectures contemporaines du De Regimine de Thomas d’Aquin »

17.15 Florian Michel (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) : « L’Affaire Gilson, le
neutralisme et l’exclusion du tiers au commencement de la Guerre froide »

Jeudi 31 mai

14h : Christophe Grellard et Aurélien Robert : Introduction

14h15 : Olivier Boulnois (EPHE) : « La légitimité du Moyen Âge »

15h : Joël Biard (Université de Tours – CESR) : « Les attributs migrent-ils ? Blumenberg et l’infini »

15h45 : pause

16h : Philippe Büttgen (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Réforme et crise
(LégitimitéII, 3) »

16h 45 : Jean-Claude Monod (CNRS) : « L’absolutisme théologique et ses conséquences imprévues : Hans Blumenberg, Kurt Flasch et la sortie du Moyen Âge »

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