Arnaldo Ballerini et Giampaolo Di Piazza (dir.) : Délirer, analyse du phénomène délirant

Le délire est un phénomène et requiert, plus que toute autre production de la conscience, une phénoménologie. Le délire a des expressions hétérogènes qui vont des productions partielles sans adhésion ni élaboration ni implication pratique, à des intuitions éphémères récurrentes, aussitôt critiquées, jusqu’à des constructions stables, monumentales, immuables dans le temps et quasiment inamovible. Il peut revêtir de nombreuses formes pré-cliniques et parfois être partagé collectivement. Plutôt que de l’entrevoir comme l’effet d’un trouble du jugement, la perspective phénoménologique s’attache à montrer à la fois les transformations préalables de la présence humaine qui lui donnent naissance et à suivre l’esquisse des nouvelles « conceptions du monde » qui s’y ébauchent et tentent de s’authentifier à travers son élaboration. Ce recours au délire (le Délirer) a toujours un sens, si infime ou fragmentaire puisse-t-il être, et ce présent travail s’efforce de le définir.
Que « veut » le délire? S’il émerge, c’est qu’il entend « réparer » une rupture qui s’est produite dans la continuité du sens. Son intention peut être « restitutrice » de ce qui est vécu ou encore « reconstructrice » de cette continuité. Il pose aussi la question de la relation de réalité qui s’établit comparativement dans le délire et dans la réalité, mythomanie comprise. Peut-on caractériser et différencier ces différents types de relation? Si nous le pouvons, alors nous éclairerons en retour la relation de réalité normale. Voilà les principales questions auxquelles se consacre la présente phénoménologie du délire.
Ont contribué à ce volume : A. Ballerini, G. Bonifaci, B. Callieri, L. Calvi, L. Cappellari, R. Dalle Luche, G. Di Petta, G. Di Piazza, C. F. Muscatello,
M. Rossi Monti, G. Stanghellini, P. Scudellari et G. Charbonneau

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