Christophe Perrin (dir.) : Qu’appelle-t-on un séminaire ? La pédagogie heideggérienne

De l’obtention de son habilitation à enseigner en 1915 jusqu’à son départ en retraite en 1958, Martin Heidegger aura professé trente ans durant, et aux meilleurs étudiants. Loin pourtant que ses cours aient cantonné son enseignement à l’Alma Mater, ses séminaires en passaient les frontières, eux qui, protocolaires ou libres, publics ou privés, menés seul ou co-dirigés, ont aussi bien pu se faire à Zürich, Todtnauberg, Zollikon, comme au Thor ou à Zähringen.
Se faire et non se donner, car Heidegger s’est voulu animateur de séminaires d’un genre nouveau, ou plutôt au vieux sens du mot, le seminarium désignant la pépinière où croît un savoir destiné, comme tout semis, à être repiqué, c’est-à-dire transmis, sinon transformé puisque augmenté. Point de monologue savant partant, mais de l’ironie et de la maïeutique : désireux de « philosopher socratiquement », le maître faisait tout pour faire de ses auditeurs des interlocuteurs, et par là même des penseurs, rompus à l’exercice que l’être requiert.

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