Danielle Cohen-Levinas (dir.) : Lire « Totalité et infini » d’Emmanuel Levinas

L’année 1961 constitue un tournant important dans la philosophie française. Elle est marquée par la disparition de Maurice Merleau-Ponty, et par la parution de « Totalité et infini » d’Emmanuel Levinas, véritable pavé dans la mare des recherches phénoménologiques post-husserliennes et post-heideggeriennes. Si les grands travaux sur Lévinas, ayant fait date, se sont principalement focalisés sur « Autrement qu’être ou au-delà de l’essence » (paru en 1974), il est opportun de profiter des cinquante ans de sa parution pour ne pas simplement « commémorer » cet événement, mais aussi – et surtout – pour attirer une nouvelle fois, après « Violence et métaphysique » de Derrida, le regard analytique et critique sur ce premier chef d’œuvre de Levinas. Au terme de ce demi-siècle, qui fut témoin d’une réception de plus en plus diversifiée, au-delà des limites de la philosophie académique, et au-delà aussi de la seule sphère francophone, il s’agit de replacer cet ouvrage dans son contexte, dans ses sources phénoménologiques. Aussi ce volume rassemble-t-il des spécialistes de la phénoménologie ou des auteurs qui se sont inspirés des mêmes sources – phénoménologiques ou non phénoménologiques – que Levinas. Il s’agira à la fois de revenir sur les contributions fondamentales de cet ouvrage difficile à la philosophie française de la seconde moitié du vingtième siècle et d’inscrire ces contributions dans le débat contemporain.

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