Ferdinand Alquié : la découverte métaphysique de l’homme chez Descartes

« Tout commentateur ne dit-il pas les choses autrement que l’auteur qu’il explique ? Sans cela, il devrait se borner à renvoyer au texte, et n’y rien ajouter. Mais nous ne rejoignons pas, en cela, ceux des critiques contemporains qui cherchent la signification profonde d’une doctrine en des idées auxquelles l’auteur n’a jamais pensé. S’il est vrai que Descartes n’a pas séparé, en son vocabulaire, ce que nous appelons être et ce que nous appelons objet, il demeure que, par sa théorie de la création des vérités, par son doute, par son projet de fonder la science sur la métaphysique, il les a distingués, et a pris, de leur rapport, la conscience la plus claire. En traduisant parfois les pensées cartésiennes en un langage plus adapté à notre temps, en déclarant que Descartes a découvert métaphysiquement l’homme comme pouvoir de dépasser l’objet vers l’Être, et comme signe de l’Être en ce monde, nous n’avons pas voulu moderniser Descartes, mais seulement dégager ce qui, dans sa philosophie, est éternel. » (F. Alquié)

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