Gérard Jorland : Bergson Empathie et relativité

instein séjourna à Paris du 28 mars au 10 avril 1922 à l’initiative de Paul Langevin. Cette même année 1922, Bergson publiait Durée et Simultanéité. On s’attendait donc à une explication entre le philosophe de la durée et le physicien de la relativité du temps. Il n’y en eut pas. A l’intervention assez longue de celui-là, celui-ci ne répondit que de façon laconique, concédant un temps psychologique différent du temps physique, mais récusant l’idée même d’un temps philosophique distinct.
La discussion n’eut lieu les années suivantes qu’entre Bergson et André Metz, mandaté, pour ainsi dire, par Meyerson, qui écartait l’interprétation bergsonienne de ses réflexions sur la déduction relativiste, et Jean Becquerel. Ce fut un dialogue de sourds. André Metz ne cessa de réitérer le raisonnement einsteinien à l’intention de Bergson, qui l’avait parfaitement compris, sans se soucier de prendre en considération les arguments du philosophe
Bergson a concentré son analyse de la théorie einsteinienne de la relativité restreinte sur l’expérience de Michelson et Morley d’une part, et sur le paradoxe des jumeaux de Langevin d’autre part. Je m’emploierai à montrer que, s’il a voulu sauver la simultanéité par une expérience de pensée, il a défendu l’existence d’un temps universel par un recours à l’empathie. Finalement, Bergson n’avait-il pas raison?

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