Hélène Politis : Lire, écrire, publier L’économie kierkegaardienne du livre

L’exposé se développera en trois moments complémentaires.
1) Le livre comme objet commercial. Søren Kierkegaard, en fin observateur de son temps, a su percevoir dans certaines techniques modernes de production des objets et de circulation des idées quelques-uns des signes avant-coureurs de notre société de consommation ».
2) Kierkegaard, lecteur averti et assidu. Si Kierkegaard a pu formuler des descriptions et des critiques pour nous si stimulantes, c’est aussi qu’il fut un lecteur remarquable, non seulement par la qualité de ses lectures, par leur étendue et leur variété, mais encore par l’usage qu’il sut en faire dans l’élaboration de ses propres catégories de pensée. En s’intéressant à sa bibliothèque et à ses papiers de travail, on accède à une nouvelle intelligence de cette œuvre – célèbre, certes, mais sur un mode qui est souvent resté celui de la méconnaissance.
3) Comment écrire un livre qui mérite de durer? À quels lecteurs le destiner? Tantôt explicitement, tantôt de manière plus implicite, Kierkegaard promeut une théorie et une pratique détaillées de l’écriture et de la lecture comme porteuses de vérité. Cette théorie et cette pratique sont inséparables de l’idée que Kierkegaard se fait de la double question de l’appropriation et du témoignage. Comment se rapporter à ce qu’on a compris? Comment le faire partager à d’autres sans empiéter par là sur leur liberté?

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