Henri Bergson : Le souvenir du présent et la fausse reconnaissance

Bergson a marqué l’importance de certains de ses « essais et conférences » en les rassemblant dans deux recueils : L’énergie spirituelle en 1919, La pensée et le mouvant en 1934. Il faut donc tout à la fois replacer ces écrits dans ses recueils (et dans l’ensemble de son œuvre) et les lire pour eux-mêmes. Dans « Le souvenir du présent et la fausse reconnaissance », paru en 1908 et largement retouché en 1919, Bergson est sans doute le premier à formuler cette question tout à fait inhabituelle : quand est-ce que le souvenir se forme ? Faut-il attendre que la perception ait disparu pour que naisse le souvenir ? Nous voici de plain-pied devant le problème du mode d’existence du souvenir, en tant qu’il diffère par nature de la perception tout en lui étant contemporain. Le concept de « souvenir du présent » renvoie à la différence entre virtuel et actuel, et finalement à l’énigme d’un passé qui ne passe pas, qui se conserve intégralement « en soi », et dont le présent n’est que le degré le plus contracté.

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