Hermann Cohen : Introduction critique à l’histoire du matérialisme de Friedrich Albert Lange

La figure dominante du néokantisme allemand est sans conteste Hermann Cohen qui fut surnommé, à l’époque, le « Pape de Marbourg ». Sa personnalité rayonnante en fit tout à la fois le maître de Cassirer, l’un des principaux inspirateurs de Rosenzweig et, pour Scholem, une figure tutélaire. La social-démocratie en fit son mentor et les divers courants du judaïsme allemand – Buber, notamment – se déterminèrent tous par rapport à lui, pour le critiquer ou pour l’admirer et reconnaître en lui le philosophe qui avait redonné au judaïsme allemand ses lettres de noblesse et sa dignité culturelle. D’abord rédigé en hommage à F.-A. Lange qui lui avait permis d’accéder à un poste universitaire, l’Introduction critique a été, pour Hermann Cohen, l’occasion à la fois d’exposer son propre système et de prendre position dans les débats sur la philosophie de l’histoire en s’opposant aux psychologues positivistes. Il s’agit donc d’une intervention philosophique sur le terrain de la politique au sens large, et d’une construction théorique des fondements du socialisme en matière d’éthique et de conception de l’histoire. Contrairement à la réception courante qui reproche au courant néokantien de Marbourg d’avoir privilégié le modèle de la physique théorique, l’ouvrage de Cohen fait apparaître au premier plan, et dans toutes les branches du « système », le primat de la temporalité ; comme, en matière d’éducation, la nécessité de former la volonté critique des futurs citoyens par le biais de la science historique.

AUTEUR :
Hermann Cohen (1842-1918) est l’une des figures dominantes du néokantisme allemand. Avec Paul Natorp il fut à la tête de l’École de Marbourg. Il a fondé, en 1902 à Berlin, la Société pour le développement de la science du judaïsme, et son dernier livre fut consacré à une relecture philosophique des sources juives (« Religion de la Raison », 1918).

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