Jean-François Balaudé : Le savoir-vivre philosophique. Empédocle, Socrate, Platon

Jean-François Balaudé est né en 1923. Ancien élève de l’ENS Ulm, il a enseigné aux Universités de Lille III, Reims Champagne-Ardenne, Fribourg (Suisse), ainsi qu’à l’Ecole Normale Supérieure, et il est actuellement professeur de philosophie à l’Université Paris Ouest Nanterre. Spécialiste de philosophie ancienne, il a dans plusieurs ouvrages traduit et commenté Platon, Aristote, Epicure, Diogène Laërce et Plotin. Ses recherches portent en particulier sur la question du mode de vie philosophique, et sur les diverses formes prises par l’articulation entre praxis et theôria dans les écoles philosophiques antiques.

« Une vie sans examen ne vaut pas d’être vécue », telle est l’illustre formule socratique sous l’égide de laquelle s’inscrit cet ouvrage savant. Jean-François Balaudé y interroge ce projet de vie – c’est-à-dire une vie avec de la pensée, et visant à la réalisation de soi – sans lequel toute philosophie antique semblait vaine aux contemporains d’Empédocle, de Socrate, de Platon. La « theôria », qu’elle ambitionne ou non d’atteindre la vérité sur toutes choses, eut ainsi pour visée d’éclairer l’homme sur lui-même, de lui faire connaître les voies de son perfectionnement moral et existentiel, de lui permettre de les mettre en œuvre.
Empédocle, le premier, détacha de façon décisive la question de l’homme et de sa « bonne vie » de l’étude générale de la nature. Il problématisa ainsi l’écart entre ce que cet homme est et ce qu’il devrait être. Le mérite lui revient d’avoir su penser les voies de la réconciliation de l’individu avec l’ensemble du devenir, grâce à un savoir et une pratique harmonisée avec ce qu’il appelait « l’amitié cosmique ».
Socrate, lui, orientera de façon radicale l’exercice de la pensée vers l’exigence du Bien, à travers la pratique du dialogue qui est une activité désintéressée et une mise à l’épreuve de soi.
Platon prolongera enfin l’exigence socratique en articulant au plus près la recherche totale de la vérité et la transformation individuelle et collective de la vie humaine.
A travers cette triade fondatrice, Jean-François Balaudé traverse ainsi diverses dimensions – épistémologique, ontologique, ethico-politique – d’une investigation philosophique constamment soucieuse de conjuguer theôria et praxis.

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