Jean-François Mattéi (coord.) : Albert Camus, du refus au consentement

Albert Camus a été fidèle à la mesure grecque dont il trace le portrait dans « L’Exil d’Hélène ». Les Grecs ont touché au désespoir, mais à travers la beauté, en découvrant dans l’existence une fêlure impossible à combler. Aussi le seul recours est-il dans l’acceptation d’un tragique qui fait la part de tout, « équilibrant l’ombre par la lumière ». La Grèce ne nous a pas légué des leçons de ténèbres, comme chez Couperin, ni des leçons de lumières, comme chez Diderot, mais des leçons de clair-obscur, quand le jour bascule dans la nuit ou la nuit dans le jour. C’est ce balancement entre l’envers et l’endroit, entre l’exil et le royaume, et finalement, entre le refus et le consentement, qui fait l’originalité d’une pensée dont le souci premier est l’équilibre.

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