Kevin Mulligan : Wittgenstein et la philosophie austro-allemande

La philosophie contemporaine doit beaucoup à deux philosophes autrichiens – Edmund Husserl et Ludwig Wittgenstein. Les problèmes philosophiques que ce dernier a mis au centre de la philosophie analytique sont souvent des problèmes nouveaux par rapport aux questions soulevées par les pères de cette tradition, Frege, Moore, Russell et Ramsey. Ils étaient pourtant au centre des traditions, autrichiennes puis austro-allemandes, qui remontent à Bolzano et à Brentano : la psychologie descriptive des élèves de Brentano, la phénoménologie de Husserl et de ses premiers élèves et les différentes écoles de la psychologie de la Gestalt. Ces problèmes appartiennent à la philosophie de l’esprit et du langage : qu’est-ce que vouloir dire quelque chose, vouloir, vouloir faire, éprouver, compter sur une certitude primitive? Y-a-t-il des objets psychologiques ou mentaux privés? « Je » désignet- il? Quel rapport y a-t-il entre le non-sens, la signification et les règles? Entre les règles et les signaux qui nous guident et les symboles qui représentent?
Les mentalismes, platonismes et essentialismes qui caractérisent souvent la philosophie austro-allemande tranchent avec le rejet systématique de tels « ismes » chez Wittgenstein. Il est cependant manifeste que ce dernier, comme ses prédécesseurs et contemporains austro-allemands, met la description de l’esprit et du langage au coeur de ses réflexions. D’où la question à laquelle répond cet ouvrage : les descriptions de Wittgenstein sont-elles meilleures que celles données par les héritiers de Bolzano et de Brentano?

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