Louis Althusser : Lettres à Hélène

L’un des philosophes les plus influents de la seconde moitié du XX° siècle. Le maître de la génération de philosophes qui eurent 20 ans dans les années 1960. L’acteur majeur, avec Foucault et Lacan, du courant dit « structuraliste ». Un homme, enfin, qui quitte la seule histoire de la philosophie pour entrer dans celle des faits divers – tragiques – quand, le 16 novembre 1980, il étrangle sa femme Hélène dans leur appartement de l’Ecole Normale Supérieure.

Aux antipodes de tout ce que l’on savait jusqu’ici et de l’image de lui-même qu’a laissée Louis Althusser, loin de cet « anti-humanisme » dont il a fait la théorie, voici le plus vibrant, le plus émouvant, le plus humain des témoignages. Les lettres de Louis à Hélène. Sa correspondance, pendant plus de 30 ans, avec la femme qu’il aima et qu’il finit par assassiner. Où l’on voit un Althusser amoureux, donc. Où l’on devine que le crime qu’il commettra sera, aussi, et paradoxalement, un crime d’amour et de passion. Et où l’on sent un homme, un grand homme, aux prises, des décennies durant, avec l’effroi mais aussi, de temps en temps, le pur bonheur d’exister. Ce livre choquera par la franchise de ses aveux. Il bouleversera par la force de l’histoire d’amour dont il est la chronique. Il stupéfiera ceux qui se faisaient une image sévère, hiératique, du maître de la rue d’Ulm. Il passionnera, enfin, les amateurs d’histoire des idées qui vont plonger dans les eaux profondes du débat intellectuel français des décennies 1950, 60 et 70.
Ces Lettres à Hélène, nul ne connaissait leur existence. Mais les voici, retrouvées par l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) et éditées par son directeur, Olivier Corpet. C’est un trésor englouti qui refait surface.

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