Michael Oakeshott : L’association civile selon Hobbes suivi de cinq essais sur Hobbes

Thomas Hobbes est le seul penseur de la tradition philosophique à qui le philosophe britannique Michael Oakeshott consacra entièrement l’un de ses livres, un recueil d’essais et de conférences qu’il publia en 1975 sous le titre de Hobbes on Civil Association. À quoi tient l’importance décisive reconnue ainsi à l’œuvre de Hobbes, et quel rôle particulier joua la pensée de Hobbes dans l’élaboration de la pensée de Oakeshott lui-même? Le titre donné au recueil donne une indication précieuse. Tant d’un point de vue philosophique que d’un point de vue historique, Oakeshott a en effet thématisé à travers le concept d’« association civile » un mode d’association politique précis des hommes, celui dans lequel les individus sont liés par le respect de certaines règles et de certaines pratiques, mais non par une fin commune unique. C’est dans cette perspective que Oakeshott a pu opposer la nomocratie d’une societas à la téléocratie d’une universitas, c’est-à-dire d’un État qui se donnerait comme mission d’imposer un même objectif à tous ses membres. La lecture que fait Oakeshott de Hobbes est ainsi très clairement une lecture « libérale » : il comprend Hobbes comme un penseur du cadre formel d’une societas, et non pas d’une universitas, c’est-à-dire comme un penseur, précisément, de l’« association civile ». Afin de permettre l’évaluation d’une telle lecture, la traduction de l’ouvrage de Oakeshott, la première en langue française, est accompagnée de la traduction de cinq autres essais que l’auteur a consacrés à Hobbes entre 1935 et 1974.
Traduction, introduction et notes par Dominique Weber

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