Philippe Saltel : Le vocabulaire de David Hume

Nul, peut-être, ne montre tant d’ambiguïté dans ses usages de la langue que David Hume : soucieux d’être lu du plus grand nombre, il se veut écrivain, ce qu’il devient, d’ailleurs, non sans labeur dépensé à cette tâche — la comparaison du style rugueux, plutôt lourd, souvent désespéré du Traité de la nature humaine avec l’équilibre élégant des derniers Essais ou la vigueur des Dialogues sur la religion naturelle est édifiante ; mais il se plaint d’un vocabulaire qui ne convient pas à ce que cherche sa pensée. On aurait tort d’y voir la protestation d’un érudit : tout au contraire, c’est bien souvent le parti des hommes engagés dans la « vie courante » (common life) que prend le philosophe écossais, et leur langue qu’il adopte plutôt que les termes choisis des philosophes dogmatiques.

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