Pierre Aubenque : Faut-il déconstruire la métaphysique ?

« Les critiques de la métaphysique ne s’attachent plus aujourd’hui à la réfuter, car cela supposerait ce qui est justement en question, à savoir que ses propositions soient falsifiables. De Nietzsche à Derrida en passant par Heidegger, on s’attache plutôt à la “dépasser” ou à la “déconstruire”, c’est-à-dire à la déborder ou à mettre à nu sa structure, tout en laissant subsister dans sa massivité incontournable l’événement qu’elle représente… On voudrait, dans ces quelques leçons prononcées dans le cadre de la Chaire Étienne Gilson, s’interroger sur les raisons d’une telle attitude, qui n’est qu’apparemment iconoclaste, et montrer que ces raisons sont aussi anciennes que la métaphysique elle-même, donc co-essentielles à son projet. Cela ne signifie pas que la métaphysique résiste, pour les avoir anticipées, à toutes les tentatives de déconstruction, mais que le moment herméneutico-critique de la déconstruction est inhérent à sa fonction proprement métaphysique de dépassement. »

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