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Nietzsche et la religion

Colloque international Sorbonne Université 5-6 avril 2019

lundi 1er avril 2019, par Thibaut Gress

« Nouvelles luttes. — Après que le Bouddha fut mort, on montra encore des siècles durant son ombre dans une caverne, — ombre formidable et effrayante. Dieu est mort : mais telle est la nature des hommes que, des millénaires durant peut-être, il y aura des cavernes où l’on montrera encore son ombre. — Et nous — nous aussi devons encore vaincre son ombre ! »

(Le Gai savoir, §108, trad. Pierre Klossowski, trad. mod.)

Fils et petit-fils de pasteurs luthériens, Nietzsche était destiné à occuper les mêmes fonctions. S’il abandonna rapidement ses études de théologie, son intérêt pour le christianisme se manifeste avec constance dans ses œuvres et s’inscrit dans une réflexion approfondie sur la religion. Des dieux Grecs de La Naissance de la tragédie à l’Antéchrist, en passant par son cours de 1875-76 sur « Le service divin des Grecs », sans oublier les sections d’Humain, trop humain et de Par-delà bien et mal consacrées à la religion, celui qui affirmait que Dieu est mort n’eut de cesse de se confronter aux phénomènes religieux.

Pour virulente qu’elle soit souvent, la critique de la religion à laquelle se livre Nietzsche s’appuie sur une connaissance informée des débats de la théologie, de l’histoire des religions et de l’ethnographie de son temps. Il s’intéressa à de multiples religions, cultes et pratiques, dont il étudia les traits communs et les différences pour mieux comprendre le fait religieux dans sa diversité.

Enfin, il tint toujours ensemble les dimensions psychologiques et spirituelles, culturelles et socio-politiques de la religion, où il décela autant de symptômes de la santé ou de la décadence des individus et des peuples. La religion est aux yeux de Nietzsche une névrose, un narcotique, une niaiserie rassurante, mais elle est aussi une étape nécessaire à l’affirmation de l’homme dans le monde et un instrument de sélection.

Ce colloque international se propose ainsi de mettre en lumière les multiples facettes de l’analyse nietzschéenne de la religion.

Colloque organisé par :

Ana Cazal

Maria Guibert

David Simonin

• Vendredi 5 avril 2019

Matin : Maison de la recherche, 28 rue Serpente (salle D035)

9h : accueil

1) Modération : David Simonin

9h15 : Florent Jakob (Columbia Global Center – Paris), Vengeance imaginaire et attente eschatologique

10h15 : Maria Guibert Elizalde (Sorbonne-Université / Universidad de Navarra), Mémoire et religion dans la Généalogie de la morale

11h15 : Pause

11h30 : Emmanuel Cattin (Sorbonne-Université), Antichrist

12h30-14h30 : Repas

Après-midi : Sorbonne, amphithéâtre Milne-Edwards

2) Modération : Ana Cazal

14h30 : Vanessa Lemm (Flinders University), Nature humaine, sexualité et religion

15h30 : David Simonin (Sorbonne-Université / Università del Salento), Le sentiment de puissance : une approche anthropologique du fait religieux

16h30 : Pause

17h : Didier Franck (Université Paris X-Nanterre), La puissance de Dieu

• Samedi 6 avril 2019

Sorbonne, amphithéâtre Milne-Edwards.

3) Modération : Maria Guibert

9h15 : Pauline Riou (Sorbonne-Université), Le Nietzsche de Rosenzweig : la figure historique de « l’athéisme véritable »

10h15 : Anna Migliorini (Università degli studi di Firenze / Università di Pisa), Le Walter Benjamin du Capitalisme comme religion : mort de Dieu, Umkehr, exception

11h15 : Pause

11h45 : Montserrat Herrero López (Universidad de Navarra), Théologies politiques de la mort de Dieu

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