Alain Badiou : Cinq leçons sur le cas Wagner

Défini de manière négative, Wagner est devenu une figure obligée, car il est le symbole même de la culmination du grand art. Wagner se dresse comme un immense mausolée dans le cimetière de la grandeur impossible. C’est bien la raison pour laquelle il a été maintenu comme un « cas ». Je vais tenter de défendre l’idée que, même si les accusations variées dont Wagner a été l’objet sont cohérentes, significatives, solides, le temps est maintenant venu d’écrire un chapitre additionnel. La position que je défendrai est que nous sommes à la veille d’un renouveau du grand art et que c’est sur ce point qu’il faut invoquer Wagner. Mon hypothèse est que, une fois encore, le grand art peut faire partie de notre avenir. Inutile de dire qu’il ne s’agit pas de la même grandeur que précédemment. De quelle grandeur s’agit-il ?

Né à Rabat en 1937, Alain Badiou est philosophe, romancier et dramaturge. Figure majeure de la vie intellectuelle contemporaine en France, il est l’un des philosophes français les plus connus à l’étranger. Professeur à l’École Normale Supérieure, où il préside le Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (CIEPFC), il est notamment l’auteur de L’Être et l’Événement (Seuil, 1988) et Logiques des mondes (Seuil, 2006). En 2009 sont parus aux éditions NOUS une nouvelle édition en format poche de L’Éthique et L’antiphilosophie de Wittgenstein.

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