Slavoj Zizek : Variations Wagner

Les mises en scène de Wagner fournissent l’inscription la plus juste de nos préoccupations politiques et spirituelles générales. Rappelons-nous les Parsifal des dernières décennies : tout était là, des préoccupations écologiques à la spiritualité New Age, de la technologie spatiale aux révolutions politiques et aux révoltes des jeunes… De la sorte, l’œuvre de Wagner apparaît de plus en plus comme un canon insurpassable, comparable uniquement aux tragédies grecques et à Shakespeare : non pas un fondement doté d’un sens fixe, mais le cadre de référence permanent qui appelle des mises en scène toujours nouvelles, qui doit s’en nourrir pour rester vivant. C’est à travers une nouvelle mise en scène de Wagner que nous clarifions pour nous-mêmes notre position, dans le sens existentiel le plus radical du terme, et le pouvoir de l’œuvre de Wagner est précisément qu’elle survit aux nouvelles interprétations incessantes. La bataille pour Wagner n’est pas terminée : de nos jours elle entre même dans une phase décisive.

Né en 1949, philosophe et psychanalyste slovène, Slavoj Žižek est directeur de recherche à l’Institut d’études sociales de Ljubljana et du Birkbeck Institute for the Humanities. Il est professeur invité au département de psychanalyse de l’université Paris VIII et enseigne dans plusieurs universités américaines, dont Columbia et Princeton. Ses nombreux livres sont traduits dans plusieurs langues. Parmi ceux publiés en langue française figurent notamment : Fragile absolu (Flammarion, 2008), Parallaxe (Fayard, 2008), Le Sujet qui fâche (Flammarion, 2007), Bienvenue dans le désert du réel (Flammarion, 2005), Vous avez dit totalitarisme ? (Amsterdam, 2004), La Subjectivité à venir (Climats, 2004 ; rééd. Flammarion, coll. « Champs », 2006).

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