Alexander Schnell : Réflexion et spéculation. L’idéalisme transcendantal chez Fichte et Schelling

L’«idéalisme allemand» ne désigne pas la philosophie allemande post-kantienne en tant qu’elle culminerait dans le système hégélien, mais renvoie à différents systèmes – les plus connus d’entre eux étant ceux de Fichte, Schelling et Hegel – qui ne sont pas dans un rapport hiérarchique. Alors que les recherches hégéliennes ont déjà pour une large part contribué à dévoiler la teneur systématique et les sources historiques de la pensée de l’auteur de l’Encyclopédie des sciences philosophiques, les recherches fichtéennes et schellingiennes n’ont pu prendre leur essor que plus tardivement – aussi et surtout pour des raisons éditoriales. Les difficultés d’accès aux sources étant désormais écartées, il est temps d’étudier les textes clés de Fichte et de Schelling pour eux-mêmes et non pas comme moments subordonnés du système hégélien.
L’objectif de cet ouvrage est de présenter les idéalismes transcendantaux de Fichte et de Schelling. Alors que la doctrine de la science de Fichte est de part en part un idéalisme transcendantal, dont l’auteur cherche à mettre en évidence l’unité et la cohérence, l’idéalisme transcendantal de Schelling ne constitue qu’une étape dans l’évolution de sa pensée – une étape certes majeure, aboutissant à son « premier système » de 1800, mais qui est méconnue voire inconnue. Dans quelle mesure les idéalismes transcendantaux de Fichte et de Schelling s’inscrivent-ils dans la tradition de l’idéalisme transcendantal initiée par Kant? Quels sont les principes fondamentaux de l’idéalisme fichtéen? Quelle est la figure particulière de l’idéalisme schellingien? Comment ces deux idéalismes se rapportent-ils l’un à l’autre? Y a-t-il des influences réciproques? Leurs idéalismes se distinguent-ils fondamentalement ou parviennent-ils finalement à un accord de principe? Telles sont les questions auxquelles l’auteur se propose de répondre afin de contribuer à jeter les bases d’une discussion de fond entre les trois protagonistes de la philosophie classique allemande.

Alexander Schnell est actuellement Maître de Conférences d’Histoire de la philosophie contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne.

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