Jean-Luc Marion : Sur la pensée passive de Descartes

Après avoir parcouru la théorie de la connaissance cartésienne (Sur l’ontologie grise de Descartes, Vrin, 1975), reconstitué sa doctrine métaphysique du fondement (Sur la théologie blanche de Descartes, Puf, 1981) et articulé sa double onto-théo-logie (Sur le prisme métaphysique de Descartes, Puf, 1986), on entreprend ici de réintégrer dans ce développement les questions, encore obscures et souvent laissées à part de l’ensemble, de la morale et des passions. Cette intégration dépend de la découverte du mode passif de la cogitatio, tel qu’il apparaît dès la VIe Méditation, anticipant d’ailleurs sur le concept phénoménologique de chair (Husserl, Henry). C’est à partir de ce « corps mien », « meum corpus » que se déploient en toute cohérence une morale et une union substantielle de l’âme avec le corps qui livrent vraiment les derniers fruits de la métaphysique cartésienne.

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