Laurent Dubreuil : Le refus de la politique

Non, tout n’est pas politique. Il faut sans doute vivre en compagnie des autres, avec des lois, des pouvoirs nous formant et déformant, dans la garantie de la subsistance commune. Sauf que cela, ce sont les conditions, les niveaux de vie dont la chose publique s’occupe, et souvent si mal – quand il nous reste à rendre nos existences vivables. Le meilleur espoir est alors le jour passant à travers les remparts de la Cité, par des failles de plus en plus difficiles à discerner.
Pour préparer l’insurrection de vivre, ne comptons guère sur la « représentation nationale », les lois du marché, la technologie, les comportements citoyens, ni non plus les derniers mouvements de rébellion. Sans abandonner la malheureuse nécessité de la lutte (elle a certes son utilité), sachons, de plus, donner à la politique le congé qu’elle mérite. Voici une provocation singulière, lancée vers d’autres ; une invitation à repenser les prétendues « fins » de la politique, mais indépendamment d’elle.

AUTEUR :
Laurent Dubreuil est un critique littéraire et un philosophe français. Il est actuellement Full Professor d’études romanes et de littérature comparée à l’université Cornell aux États-Unis. Il est notamment l’auteur de deux essais aux Éditions Hermann : « L’Empire du langage » (2008) et « À force d’amitié » (2009).

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