Peter Wynch : L’idée d’une science sociale et sa relation à la philosophie

L’idée d’une science sociale est un des ouvrages-clés de la philosophie des sciences sociales du siècle passé. Nourri de la pensée de Wittgenstein, spécialement celle des Recherches philosophiques, mais aussi de celles de Collingwood et de Weber, Peter Winch y défend une forme de séparatisme méthodologique hostile à la «naturalisation» des sciences humaines et rétablit dans leur statut philosophique les interrogations portant sur la nature de la société. Il réintègre par là même à la sphère de l’analyse conceptuelle tout un ensemble de questions dont on tient souvent qu’elles appellent une réponse de nature empirique. Dans cette perspective, il s’emploie à montrer l’inanité d’un «point de vue externe» sur les comportements humains, point de vue qui traite ces derniers comme des choses et scotomise le fait qu’il est impossible de les expliquer sans faire intervenir les idées qu’ils incorporent : mieux, il s’efforce d’établir que ces idées sont en relation interne non seulement avec les actions qu’elles sous-tendent mais aussi avec le contexte où ces dernières s’inscrivent. Au fil de sa démonstration il discute ou réfute les positions de Durkheim, Mill ou encore Pareto.
Cinquante ans après sa parution, l’ouvrage de Winch demeure une lecture incontournable pour le philosophe versé dans les questions de théorie de la connaissance aussi bien que pour le sociologue.

L’auteur
Le philosophe britannique Peter Winch (1926-1997) a travaillé en particulier sur les fondements des sciences sociales et leur scientificité.

Posted in La Philosophie dans tous ses états and tagged , .