Port-Royal dans la réforme catholique

Si le grand public averti a souvent une bonne connaissance de la richesse intellectuelle et spirituelle de Port-Royal dans la seconde partie du XVIIe siècle, qu’il s’agisse de la foisonnante production littéraire qui entoura le monastère, des persécutions ou encore des polémiques, la première moitié du siècle est en revanche souvent méconnue. Pour cette période, l’histoire de l’abbaye se résume bien souvent dans les esprits à l’emblématique journée du Guichet au cours de laquelle la jeune abbesse Angélique Arnauld rétablit la clôture et interdit à ses parents de la franchir. Cet épisode eut en effet de nombreuses répercussions et joua un rôle considérable dans la construction de la mémoire.
Il a toutefois semblé intéressant de le replacer dans un contexte plus général. À l’occasion du 400e anniversaire de cette journée, un colloque organisé par la Société des Amis de Port-Royal a été l’occasion de faire un bilan de l’état de la connaissance et de la recherche sur la réforme du monastère entre 1609 (date de la journée du Guichet) et 1627 (date de la sortie de Port-Royal de l’ordre de Cîteaux). Cela fut l’occasion de mettre en perspective l’action de la mère Angélique en la confrontant à d’autres expériences analogues mais aussi en la situant à l’intérieur d’un mouvement qui toucha l’ensemble des monastères cisterciens. On a pu également montrer le rôle d’acteurs jusqu’ici peu connus, qu’il s’agisse de réformateurs de l’ordre ou de confesseurs jésuites du monastère. Enfin, ce travail de mise en perspective a été complété avec des études sur la fortune intellectuelle, mémorielle et littéraire de cette réforme.

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