Emile Meyerson : Du cheminement de la pensée

« Je pensais, en vous lisant, à ces grands sapins qui se dressent sur les pentes rocailleuses des Vosges, posés sur une mince couche de terre végétale : en regardant de près, on aperçoit un immense réseau de racines et de radicelles, qui vont chercher au loin la nourriture et qui se contournent avec un art extraordinaire pour faire que l’arbre se tienne debout. Votre doctrine, elle aussi, est simple et droite; mais elle pousse par la racine – vous venez de le montrer – une foule de prolongements qui assurent sa solidité et sa vitalité. » C’est en ces termes qu’Henri Bergson accusait réception du dernier grand livre d’Émile Meyerson (1859-1933). Réputé surtout pour ses analyses de la science classique et de la physique contemporaine, Meyerson développe dans Du cheminement de la pensée, son « chant du cygne », la théorie générale de la connaissance qu’il avait en vue dès ses premiers écrits de philosophie des sciences. Cet exposé est pour lui l’occasion de mettre sa pensée à l’épreuve de nouveaux objets comme la logique et les mathématiques, et de s’expliquer, à travers un parcours foisonnant, avec les auteurs les plus célèbres de son temps, de Frege à Husserl, de Wittgenstein à Whitehead, des membres du Cercle de Vienne aux pragmatistes américains.

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