Dominique Lecourt : Diderot. Passions, sexe, raison

Alors que nous commémorons le 300e anniversaire de la naissance de Denis Diderot, Dominique Lecourt continue aujourd’hui de le relire avec délectation. Le secret de Diderot et de son œuvre est d’avoir pratiqué la philosophie non comme une discipline universitaire mais comme un art de vivre et de penser.
Diderot ne disserte pas. Il n’ironise guère. Pugnace contre ses ennemis, il ne cède jamais à la méchanceté. Son humour, en revanche, est profond. Il reflue contre les principes d’adhésion aux valeurs qui structurent sa propre personne et le rôle qu’elle est appelée à tenir sur la scène du théâtre social. En quoi Diderot, parfois irrévérencieux, souvent emporté, d’un tempérament sanguin, n’est jamais vulgaire.
Un caractère qui fait en définitive l’unité de cette œuvre, Encyclopédie comprise. Passions, sexe et raison s’y animent mutuellement. Le lecteur est invité à partager avec l’auteur ce bonheur de vivre et de penser qu’il éprouve lui-même à écrire, écrire sans fin de ce dont il s’est d’abord entretenu avec flamme. Matérialiste ? Rationaliste ? Vitaliste ? Diderot aurait bien ri des travaux universitaires dont il a été honoré au XXe siècle au terme d’un long purgatoire pour l’essentiel imputable à son athéisme affiché et à son libertinage revendiqué.

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