La modernité philosophique en Asie

Dresser un état de la modernité philosophique en Asie pourrait relever d’une certaine gageure, tant l’énoncé d’un tel intitulé suffit à véhiculer des malentendus ou des promesses qu’on ne saurait tenir.

Les auteurs, réunis à l’occasion d’une journée d’études organisée par le Réseau Asie, tentent pourtant d’étudier l’influence de la philosophie occidentale sur le Japon, la Chine et la Corée, et les manières dont elle s’est exercée et continue de s’exercer. Car dans ces trois pays, la modernité philosophique fut contingente de l’élaboration des premières traductions, de la primauté du Japon, des relations multilatérales complexes, et, pour ce qui concerne le présent, des questionnements antérieurs locaux. Cette histoire pose ainsi la question même de la capacité de la philosophie à visée unitaire à s’appliquer en des lieux si différents, au sein de cultures dissemblables, dans des contextes et des traditions profondément originaux.

Si aux yeux des contributeurs de ce livre l’Asie n’a pas fini de « digérer » la philosophie occidentale, tous reconnaissent que les échanges, sous forme de traductions, de constitution de lexiques, de dictionnaires, de monographies, progressent et concèdent un avantage certain à un Extrême-Orient en passe de devenir centre, si cela n’est déjà fait.

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