Laurent Villevieille : Heidegger et l’indétermination d’Etre et Temps

Des lectures d’Être et Temps, il y en a eu, et de très diverses. Cependant, elles ont globalement obéi à un projet commun : élucider le contenu de l’ouvrage. L’étude présentée ici entend au contraire interroger Être et Temps sur un plan formel. Lequel ? Celui qui se trouve revendiqué dès la première page de l’ouvrage : le statut d’Abhandlung, de « traité ». La forme du traité permet en effet à Heidegger de ressaisir ses nombreuses recherches antérieures sur un mode totalisant. Néanmoins, la systématicité qui s’y trouve induite se heurte paradoxalement à certaines des découvertes auxquelles elle donne lieu. D’où l’hésitation, au sein même d’Être et Temps, entre la forme classique du traité et un mode de pensée plus inédit. Cette indétermination d’Être et Temps est-elle pour la première fois l’épreuve, sous forme d’inachèvement, des limites de la « langue de la métaphysique » ? En 1927, cette épreuve prend en tout cas la forme d’une question que le traité thématise : comment déterminer ou dire l’être du Dasein sur le mode de l’énoncé ?

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