Charles Ramond : Descartes, promesses et paradoxes

Descartes est connu pour être le philosophe des « fermes et constantes résolutions ». Comment expliquer alors qu’il critique sévèrement les « promesses », dans les maximes de la « morale par provision » du Discours de la Méthode? Une résolution, en effet, n’est-elle pas une manière de promesse à soi-même?
Suivant ce fil, le présent ouvrage propose un parcours entièrement original dans la correspondance, l’œuvre et la vie de Descartes. La mise en évidence, dans le geste cartésien, d’une dévalorisation et d’une valorisation simultanées des promesses (mais aussi des voeux, des serments, des contrats), permet de jeter une lumière nouvelle sur la morale de la générosité, sur les plus célèbres créations conceptuelles de Descartes (création des vérités éternelles, création continuée, liberté d’indifférence et liberté infinie), mais aussi sur le singulier « métier d’auteur », qui conduisit le philosophe, tout au long de sa vie, tantôt à vouloir « désavouer » ses écrits (comme autant d’engagements), et tantôt à les défendre avec la dernière opiniâtreté, dans les multiples querelles et polémiques auxquelles il fut mêlé.
Plus généralement, les constants paradoxes cartésiens témoignent ici des infélicités structurelles du régime de la promesse.

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