Mireille Coulomb : Phénoménologie du nous et psychopathologie de l’isolement

Le Cercle Herméneutique, « Revue Le Cercle Herméneutique ». 246 p., 14 × 21,5 cm. ISBN : 978-2-917957-02-8
Aujourd’hui, le sens d’un « vivre ensemble » harmonieux et heureux, est à la fois constamment affirmé et pourtant obscurci par un usage banalisé et souvent vidé de tout contenu. Ludwig Binswanger, psychiatre, mais aussi lecteur des philosophes et des poètes de son temps, phénoménologue à l’école de Husserl et Heidegger, nous ouvre un nouveau regard sur ce qu’il nomme le Nous ou la nostrité (Wirheit). La phénoménologie lui donne les moyens théoriques de penser la pathologie : la suspension du jugement propre à l’époché husserlienne permet de comprendre une mise entre parenthèses de l’attitude naturelle que pratiquent involontairement les malades. Mais ce qui est « perdu » lors de cette époché se révèle être le « monde commun », le Koinos Kosmos, qui peut prendre le sens d’une spatialité commune, d’une langue commune ou d’une intercorporéité. Ludwig Binswanger entre en discussion avec Heidegger sur ce point, puisqu’il crée le concept de ce qu’il pense être une « forme fondamentale » de notre existence : l’amour, qu’il oppose au « souci » heideggerien. Ce sont le lien aimant et le Nous fait de confiance réciproque, qui, par leur absence, isolent radicalement les psychotiques. Dans ses dernier textes, Binswanger pratique un « retour à Husserl » sans abandonner la question du Nous, mais elle prend la forme d’une réflexion sur l’alter ego, sur l’apprésentation, sur les limites du propre et du différent.
Mireille Coulomb est agrégée de philosophie, ancienne élève de l’ENS (Fontenay-aux-Roses) et docteur en philosophie. Enseignante en Lettres Supérieures à Saint-Etienne, elle a consacré sa thèse à Binswanger et écrit plusieurs articles sur son oeuvre et la question de la nostrité.

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