Patricia Touboul : Fénelon et les arts du dessin. Instruire par l’image

Dans le cadre de ses missions pastorale et éducative, Fénelon a élaboré une stratégie privilégiant les ressources de l’imaginaire visuel. Ce point de départ, banal dans le contexte de la Contre-Réforme, va toutefois s’appuyer – c’est la thèse de ce livre – sur une spécification de la notion d’image, grâce à des catégories empruntées à l’art oratoire, à la métaphysique, à l’anthropologie philosophique, à la spiritualité, mais aussi, et c’est le plus original, à la critique d’art, plus précisément à celle, ancienne et moderne, qui valorise les arts du dessin. Les images sollicitées, matérielles ou imaginaires, s’apparentent ainsi à celles de la peinture, de l’architecture ou de la sculpture qui, parce qu’elles sont fondées sur le dessin auquel Fénelon reconnaît des qualités propres, présentent une efficacité spéculative et pragmatique particulièrement opératoire. Cet éclairage, inédit, sur l’esthétique de Fénelon, s’accompagne d’une reconstitution des sources et des milieux qui ont permis au prélat d’élaborer, dans le même temps, les prémisses d’un système des arts visuels organisé autour d’un principe dont la plurivocité (le dessin est encore, au XVIIe siècle, le « dessein »), permet à ceux-ci de jouer un véritable rôle de médiation spirituelle.
Patricia Touboul, agrégée de philosophie, docteur en littérature française, est maître de conférences en esthétique au département de philosophie de l’université Paul-Valéry, Montpellier-III, et rattachée à l’équipe IRCL-Montpellier-III-CNRS (UMR-5186).

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